
raphvernay@neuf.fr
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Cliquer sur l'image pour plus de netteté
Quel bel hommage vient de rendre Patrick Gabarrou (*) à Hugues en lui dédiant la dernière voie TD (ou la 9e première) qu'il vient d'ouvrir dans la face Nord des Grandes Jorasses, et qu'il a appelée : "Hugues d'en haut"
Ci-dessous quelques mots qui témoignent de toute l’émotion qu'Olivier F. partage avec son groupe de randonnée, son groupe de bridge et Mine naturellement.
Cette photo très émouvante d' Hugues, Karim, Gérard, Wilco et Marco à leur arrivée à
CAS : "Au moment où j`arrive moi même au sommet (vers 19H) Hugues est toujours là. Nous nous embrassons et parlons un peu. Je lui fais un compliment qu`à son âge il arrive au sommet du K2. Il est clair et réagit normalement. Il se déplace sans oxygène au sommet de la montagne. Hugues est ravi et se trouve en bonne condition physique. Son porteur Karim ne dit plus rien car........il est très fatigué. Peu après Hugues repart. Je ne sais pas s`il porte une bouteille d`oxygène. .........................
"Marco Confortola l'appelait Monsieur Ugo (en italien) et avait beaucoup de respect et d'amitié pour lui. Ils avaient partagé une si longue attente au camp de base..... dans ces situations se créent de forts liens........" (Donatella, sa webmaster)
Message de Yan Giezendanner :
Hugues m’accordait une confiance hors limite depuis l’Everest, il avait choisi de gravir ce K2 en toute conscience des risques de la très haute altitude. Sa forme physique lui donnait l’audace de s’attaquer à cette montagne mythique. Ses confidences lucides le ramenaient très souvent vers les siens. Il est mort en homme libre, destin d’un homme au caractère de granit… Je t’aimais bien l’ami. Yan .
(Yan Giezendanner : routeur météo. Prévisioniste à Météo-France).
Cette photo prise par Nick Rice est la dernière photo des grimpeurs dans le bottleneck à 11h le 1er/08. (cliquer sur la photo pour l'agrandir).
les deux itinéraires se rejoignent vers 7 900 mètres sur l'épaule pour entamer la dernière partie, appelée le « goulot de la bouteille » ou bottleneck, jusqu’au sommet.
Même si le goulot d'étranglement est impressionnant par le sérac qui le domine et sa partie étroite très raide d’une centaine de mètres surplombée de glace et de neige, celui-ci n'est pas le « cœur » de la montée, les pentes jusqu’au C2 étant beaucoup plus difficiles et techniques. Ce goulot ressemble à un sablier, large à sa base et s'ouvrant à nouveau au sommet par un énorme sérac appelé : le balcon .Pour vaincre les sommets himalayens, il n’y a pas trente-six méthodes : l’équipement des parois et l’acclimatation indispensable des grimpeurs consiste à enchaîner les aller-retours, de camp en camp, comme les paliers pour les plongeurs.
Sur le K2, quatre camps précèdent le sommet comme vous avez pu le constater dans tous les récits précédents.
Pour monter les tentes, la nourriture, les cordes et duvets, les alpinistes peuvent compter sur les HAP (High Altitude Porters), guides pakistanais ou sherpas népalais. Chaque expédition en emploie deux ou trois. Hugues était acompagné de 2 porteurs Karim et Beig.
Après deux semaines de mauvais temps, les prévisions météo promettent un créneau du 31 Juillet au 2 Août au moins. Cinq jours avant l’assaut final, samedi 26 juillet, une grande réunion rassemble tout le monde au camp de base. En tout, vingt-six grimpeurs prévoient d’emprunter les Abruzzes, onze grimpeurs la Cesen. Les Coréens, Américains et Serbes sont trop nombreux pour monter le même jour et prévoient donc deux rotations.
Cette réunion permet d'établir une feuille de route et une répartition du matériel que chaque expédition devait monter au camp 4. Un groupe de tête, Sherpas et Pakistanais chapeautés par 2 Coréens, doit quitter le camp 4 à 23h30 pour installer les cordes fixes sur l'itinéraire du sommet, avant le départ des himalayistes deux heures plus tard.Les chefs d’expédition s’arrangent : dans la dernière partie, chacun doit assurer l’équipement d’une partie du dernier tronçon, très raide et très dangereux.
Le « bottleneck » est une pente de 200 mètres de long, tout en glace, à 45 degrés. Un vrai toboggan, dans la zone de la mort au-dessus de huit mille mètres.
L’ascension des quatre camps jusqu'à l'épaule, soit 8000 m environ, se déroule très bien malgré l'extrême fatigue qu'ils ressentent sur ces pentes très raides, le manque d'oxygène, etc, et le 31 juillet au soir, un ciel clair est au rendez-vous, sans grand vent, par moins vingt degrés. Hugues est heureux d'être arrivé sur l'épaule , il se sent très en forme, et est très confiant pour "l'assaut final" de "son" K2 avec l'aide de Karim et Beig.
A partir de la barrière des 8 000 mètres, il faut savoir que personne ne peut, sans mentir, affirmer qu’il dit l’entière vérité. Le manque d’oxygène, de sommeil et les efforts consentis altèrent singulièrement la lucidité. Le récit suivant ne représente peut-être pas l'exacte vérité, d'autant plus que les protagonistes n’ont pas encore fait une déclaration définitive des faits.
Le«deal» passé entre les expéditions est simple: les Hollandais apportent les quatre cents mètres de grosses cordes nécessaires pour équiper le goulot, les Italiens et les Serbes deux cents mètres pour assurer la traversée sous les séracs, juste après le goulot, les Américains une corde plus fine pour relier les drapeaux servant à baliser le chemin, drapeaux hissés par les Coréens. (photo ci-dessous).

Un Coréen semble insister sur l'aménagement de la corde fixe plus tôt que prévu; Cette simple décision signifie qu'au moment où les grimpeurs atteignirent le bas de la pente du goulot d'étranglement, il n'y a plus suffisamment de cordes. L'équipe de Wilco s'apercevant que les Coréens ont fixé les cordes bien avant ce qui avait été prévu, les fait déséquiper puis repositionner plus haut, les grimpeurs attendent sous un énorme sérac suspendu, s'impatientent, et prennent donc beaucoup de retard.
Un Américain de 35 ans, Eric Meyer, est encore au pied du couloir à 7h , il raconte : "C'était trois heures plus tard que prévu .........le groupe de tête progressait très lentement, avec beaucoup de grimpeurs très près les uns des autres. Le soleil est arrivé sur le sérac : 100 mètres de glace surplombante très fracturée .......... " Il préfèrera redescendre avec deux autres Américains.
Nick Rice, qui a pris du retard à cause d’une chaussette mouillée, confirme cette erreur :« Quand je me suis réveillé, j’ai entendu Eric, Chris, Fred et Paul (Américains) revenant de leur tentative avortée vers le sommet. Ils me transmirent le message des Hollandais demandant plus de cordes." Apparemment, les Sherpas avaient installé une partie située avant le goulot de la bouteille (où cela n’était pas nécessaire) et n’avaient donc plus de corde à fixer dans ce passage exposé et technique du goulot. »
Nick Rice, perturbé par l’incident de ses chaussettes mouillées et parce qu’il ne sent plus ses doigts gelés, fait demi-tour et prend cette dernière photo des grimpeurs au pied du bottleneck le 1er Août à 11h, avant de redescendre au C4: en agrandissant la photo, vous apercevrez les grimpeurs les uns derrière les autres (entre les rochers et le sérac)
dont Jelle Staleman, un jeune grimpeur Hollandais de 26 ans qui, se rendant compte qu'il n'arrivera pas au sommet avant 8Hpm et qui a les pieds gelés, prend la décision de redescendre, ainsi que 4 Américains. Ils sont trop nombreux à emprunter le même itinéraire.
A la question de savoir s’il était trop tard pour aller au sommet, Aman Ashraf, premier guide pakistanais à vaincre le K2 en 1977, a prudemment répondu par mail :
1er bivouac pour Gérard,Marco,Wilco
Aux premières lueurs de l’aube, ils repartent dans le goulot où ils découvrent trois Coréens Park Kyeong Hyo, Hyokyeong et Kim Dong Jin Hwang , dans un enchevêtrement de cordes en pleine pente, en fâcheuse posture, la tête en bas, encore conscients mais prisonniers de ces cordes, il manque une chaussure à l'un d'entre eux, Marco lui enfilera un gant de haute altitude.
McDonnel et Marco Confortola tentent en vain de les aider pendant 3 heures , Marco tente de sortir leurs bouteilles d'oxgène et leurs masques pour les aider à respirer, il tente de couper les cordes .Mc Donnel insiste également pour les délivrer de ces cordes, Confortola épuisé, poursuit sa descente et perd de vue son compagnon. L’Italien s’endort, mais est réveillé par une seconde avalanche qui passe à vingt mètres sur sa droite, une bouteille d'oxygène qui dévale la pente le blesse derrière la tête; Il voit alors émerger plusieurs corps : celui de son copain McDonnel qu'il reconnaît par ses bottes jaunes, et ceux des Coréens. Il repart, s’arrête un peu plus loin et retombe dans l'inconscience.
Peu après, 2 sherpas des Coréens, partis du C4 pour secourir ceux qui sont en difficulté, repèrent Marco. Ils poursuivent vers le goulot et alertent par radio Pemba qui remonte au secours de Marco : il le réveille, lui donne de l'oxygène, et l’aide à descendre ; Quelques minutes plus tard, un nouveau sérac s'effondre, l'avalanche de blocs frôle Marco et Pemba qui rentreront un peu plus tard au C4, sains et saufs.
" Il m’a sauvé la vie, sans lui je serais mort, raconte Marco. Je refuse de parler de responsabilités, ni sur la responsabilité des autres a déclaré Confortola. Je ne peux que réfléchir à ce que j'ai fait et avoir la chance d'être en vie, en tirer des leçons. je mettrai beaucoup de temps pour cela. "
Mail de Donatella, la webmaster de Marco : "Hier il a raconté ce qu'il a vécu : il confirme qu'il n'a pas vu ce qui s'est passé pendant que Hugues descendait. Marco a été le dernier qui est arrivé au sommet. Il a vu Hugues qui était devant lui pendant qu'ils montaient: Hugues était plus rapide que lui grâce à l'oxygène. Quand Marco est arrivé au sommet Hugues descendait déjà....Marco a compris ce qui s'est réellement passé seulement quand il est arrivé au camp de base. Après la nuit à 8300 mètres, il a trouvé les trois Coréens qui avaient été trainés par le sérac, pendus aux cordes. Il a tout essayé pour les aider. Deux étaient peut-être déjà morts.... après trois heures il a commencé à descendre dans l'espoir de trouver quelqu'un qui puisse monter les aider...pendant qu'il descendait l'avalanche les a pris et submergés.....Puis PEMBA lui a sauvé la vie .......
Photo : Confortola sur le K2 à 8 611 m le 1er Août 2008.
Wilco Van Rooijen, après avoir bivouaqué à 8500 m, peut à peine voir. Il se réveille et réalise que sa vision est gravement compromise, il est atteint d'ophtalmie, aveuglé par la montagne de glace et l'éblouissement. Il a porté des lunettes de protection, mais l'altitude et la fatigue font des ravages, il n'arrive plus à s'orienter , ne trouve aucune corde, le temps se dégrade, la situation devient critique. Avec son téléphone satélitaire, il veut appeler le CB, il ne se souvient plus du numéro, il ne voit plus et ne peut donc consulter son carnet, il appelle donc sa femme qui avertit immédiatement le CB ; il se perd à nouveau, mais finalement aperçoit de loin quelques tentes du C3; du CB, il est aperçu aux jumelles , complètement perdu errant sur la voie Cezen entre le C4 et le C3.
Pemba et CAS (prévenus par le CB) vont lui sauver la vie en descendant le chercher du C4 après l'avoir localisé. Wilco, miraculé après un second bivouac, souffre de sévères engelures aux pieds, il lui faut encore redescendre toute la paroi, soit 3 000 mètres jusqu’au glacier. Deux journées d’efforts supplémentaires pour les Hollandais qui arrivent le 4 août au camp de base. 
Témoignage de Pemba : " En pensant à son oxygène, car il n'a que 2 bouteilles, j'ai dit plusieurs fois à Hugues : préparez 4 bouteilles, c'est plus sûr pour vous, mais il m'a dit qu'il espérait que ça serait suffisant . Quand il est arrivé au sommet, il a fait un appel à sa famille et m'a demandé de le prendre en photo avec son appareil, puis je le lui ai rendu et il a pris beaucoup de photos autour de lui-même, il était très heureux sur le sommet . Il m'a également demandé que je téléphone à ma femme, j'ai dit non, il a insisté, et je lui ai dit que nous devions maintenant descendre rapidement parce que nous étions en retard, et il a dit : "OK Pemba , Je suis d'accord avec vous, mais nous l'avons ce sommet ! "
Après nous sommes descendus ensemble du sommet jusqu'à 8 500 m où il faisait nuit noire. Hugues et Karim étaient derrière moi et descendaient lentement avec les autres, il n'y avait pas de grande distance entre les uns et les autres, quand j'ai atteint le ravin il n'y avait plus de cordes fixes, c'était difficile pour moi aussi, j'essaie de prendre contact avec d'autres grimpeurs mais tous les systèmes de communication ont été rompus, c'était dangereux de rester sous le sérac, alors j'essaie de descendre sans corde fixe, puis avec la corde des Norvégiens, lorsque j'atteins enfin la zone de sécurité en bas du bottleneck, je vois la plupart des grimpeurs avec leurs lampes frontales juste au-dessus du bottleneck, notre système de communication ne fonctionnait plus.
le lendemain matin du C4, la visibilité était très mauvaise en montant retrouver Marco à qui j'ai donné de l'oxygène avant de l'aider à redescendre au C4. Je n'ai pas revu Hugues... Seul CAS est témoin de sa disparition, après l'avoir vu en difficulté en haut du bottleneck car il manquait d'oxygène" .................................. Pemba Sherpa Gyalje
Les survivants se comptent sur deux mains: un Espagnol, un Italien, deux Coréens, deux Hollandais, un Norvégien et deux Sherpas népalais. Cet accident serait le plus meurtrier depuis 1986 où le K2 avait fait 12 morts...
Très émue en vous livrant du mieux possible les raisons de la disparition d'Hugues (suite aux témoignages des survivants nous aidant à comprendre l’enchaînement qui a conduit à une telle tragédie), je vous dis à bientôt, soit le 28 Août à 16H30 en l'Eglise de St Genis Laval pour une messe en la mémoire d'Hugues. 
Les 11 disparus :
GERARD McDonnell, 37 ans, ingénieur Irlandais vivant en Alaska. Il avait atteint le pôle Sud et a été le premier irlandais à atteindre le sommet du K2.
MEHERBAN KARIM, le porteur d'Hugues, un jeune porteur Pakistanais de la vallée de Hunza, mort en redescendant avant le bottleneck.
DREN MANDIC, 32 ans, un Serbe membre du Spartak Mountaineering Club dans le nord de la Serbie. Le premier des 11 à mourir quand il a glissé en dépassant un autre grimpeur.
JEHAN Baig, porteur d'Hugues, un jeune Pakistanais de la vallée de Hunza. le deuxième des 11 à mourir en essayant de sauver Dren Mandic.
KIM Hyo-GYEONG, 33 ans, Coréen membre de la Fédération coréenne du Gyeongsang du Sud qui avait envoyé une équipe de huit hommes au sommet du K2 en 2000.
Pasang Bhote, 34, le Sherpa népalais, mort en tentant de sauver son ami, Jumik Bhote. Ils venaient du même village;
HWANG DONG-JIN, 45 ans, le célèbre alpiniste Coréen, qui avait grimpé trois 8000 mètres dans l'Himalaya et qui conduisait l'équipe Coréenne.
ROLF BAE, 33 ans, explorateur Norvégien. Son épouse, l'alpiniste, Cecilie Skog, qui a assisté à sa mort, a survécu.
Jumik BHOTE, jeune Pakistanais du village de Hungung.
PARC Kyeong-Hyo, 29 ans, un Coréen qui avait atteint le sommet de l'Everest en Mai 2007.
HUGUES , 61 ans, en descendant le bottleneck. ..............
Cette pensée m'aidera à vous faire "vivre" Hugues encore quelque temps à travers les témoignages des alpinistes et sherpas rescapés, ceux-ci devant nous faire part dans les prochains jours, des dernières informations sur la fin tragique de cette expédition.
En devenant le 11e français à atteindre les 8 611 mètres de cette pyramide monstrueuse, que d'aucuns surnomment « la montagne des montagnes », Hugues entre dans l'histoire de l'himalayisme.
Nous l'avons suivi pas à pas jusqu'à 8 611 m, puis l'avons perdu vers 8 400 m dans le bottleneck. Le K2 aura eu raison de lui et Hugues restera pour l'éternité sur sa montagne, celle qu'il avait tant convoitée.
Le reste du groupe : Jelle, Roeland, Pemba et Mark ne sont pas encore arrivés. La progression vers SKARDU et Islmabad est très lente pour une raison politique, avec de très nombreux contrôles de police. Ils devraient arriver à ISLAMABAD demain mardi où un meeting est prévu avec toutes les expéditions." ..............
"Ses dernières années de vie passées si souvent très haut en altitude sont invraisemblables de passion pour la montagne et l'aventure. A posteriori, elles me paraissent presque suréalistes tellement elles ont été "pleines". Nicolas M.
http://www.youtube.com/watch?v=tpcP7_2x0Eo
Le camp de base du K2 ressemble à une cage d'où tout le monde veut s'échapper. 

van Rooijen, et Nabeel. qui sont actuellement soignés pour de graves engelures aux pieds pour Wilco, aux mains pour CAS, et risquent certaines amputations.
la zone) et Roberto Manni.
Photo : Marco à Skardu

(Chantal Mauduit, après avoir gravi 6 sommets de plus de 8000 m sans oxygène, et seule femme à avoir atteint le Lhotse (8383 m), disparaissait en 1998 au Dhaulagiri, ensevelie sous une avalanche la nuit dans sa tente, en compagnie de son ami sherpa, Ang Tshering.)
Pour Hugues, de la part de Gaël, l'un de ses neveux :
"allá donde estes, en la cima se esta maldita montaña que tanto querias, que descanses en paz con tus sueños. de un lado me das envidia porque ha podido cumplir unos de los tuyos, pero a al vez, me estás dando fuerzas para seguir cuidando de los míos, más de lo que lo debería hacer. mientras hablan de nosotros, no estamos realmente olbidados. no te digo adíos nunughes, pero hasta pronto, porque algún día nos encontraremos con todos los que echamos en falta....."
Hier, 4 Août, Nickolas Rice, l'ami d'Hugues, s'est dirigé très ému vers le "Gilkey Mémorial" (voir photos message du 13/07 au CB) pour déposer des plaques en mémoire de Hugues, Karim, Gerard, et Baig. 
Hugues m'avait demandé de remercier :
- La Sté IEC TELECOM qui lui a prêté un matériel « bgan immarsat » pour l’envoi des infos,
- La Sté Mille et un Repas et son dynamique patron Jean Frédérique Geollier qui a pris à sa charge le coût non négligeable des communications,
- La Sté STI Informatique et Nick Rice qui l’ont aidé à se servir de ce matériel compliqué car il reconnaît qu'il est plus à l’aise avec le matériel de montagne qu’avec les outils informatiques de transmission moderne.
- Le laboratoire SICOBEL.

Hugues est à 400 mètres du sommet ! .........
Demain, Vendredi 1er Août sera une tentative très particulière pour atteindre le sommet . En effet, au moment où Hughes et d'autres essayeront d'atteindre le sommet, une éclipse totale solaire est prévue au nord du K2. le K2 - plus au Sud - devrait subir une éclipse solaire de 73 %. Compte tenu de la météo et de l'ensoleillement, aucun effet n'est à prévoir pour ceux qui tenteront le sommet. Ils ne percevront qu'une diminution de la luminosité (ce qui ne peut sans doute que les favoriser ?)
Message d'Hervé P., Ce soir à 22H, je penserai à Hughes car il sera 2H au C4 ....
Vraiment, il emmène mes rêves, et des efforts communs mais si TRES DIFFERENTS ... Chaque vie est UNIQUE et se surpasser est digne des hommes aux cœurs les plus grands. Je suis très soulagé de savoir que NORIK est au C4 aussi, car ce serait une erreur que d'attendre Nick Rice ... Toutes les erreurs au K2 ont été d'hésiter, tergiverser ou d'attendre ... la Météo semble bonne, le vent très très faible : Hughes - si il en a la force - a une superbe occasion . Mais c'est le corps qui dispose ... et pour moi: tous les pas qu'il fera désormais sont un exemple pour tous !!!! Le Bottleneck - selon mes connaissances - est très pentu .. mais il n'y a jamais eu d'accident à cause des séracs ... Tous ceux qui l'ont franchi sont arrivés au sommet car après la pente est plus douce : 40° et un peu plus ... Le sommet et son approche sont conformes au film de Karl ci-dessous http://www.youtube.com/watch?v=qjaV4ejbOCo, sans grands dangers pour un grimpeur comme Hugues, et la plateforme sommitale est assez grande, plus qu'à l'Everest .Essayez de dormir dans la confiance car la météo est très bonne et Hughes un homme de 61 ans sage et expérimenté (en plus il est visiblement très bien acclimaté et ses propos sont très raisonnés ce qui n'est guère évident à ces altitudes sans O2)
Bonne nuit à tous, Hugues est sur les pentes, des pentes douces menant au début du bottleneck, avec ses porteurs Karim et Beig, les Hollandais (team de Wilco-NoritK2) les Italiens : Marco Confortola et Roberto Manni, et les Coréens , les Serbes , les Norvégiens et les Américains arrivés par la voie des Abruzzes, 
Dois-je vous rappeler une nouvelle fois qu'aucun S.M.S. ne doit parvenir à Hugues avant son retour au camp de Base ? MERCI pour lui.
Malgré mes nombreux rappels pour ne plus envoyer de S.M.S. à Hugues, son téléphone n'arrête pas de sonner ! Message reçu à l'instant 15h , (19h sur le K2)
"J'aimerais que tout le monde puisse comtempler cet océan de montagnes et de glaciers. J' en ai bavé mais c'est trop beau.
la nuit va être longue mais belle ...................."
15h39 en France, 19h39 sur le K2 :
(les minutes sont longues, lorsqu'on attend des news).Par l'intermédiaire du blog avant-hier (28/07), Hugues adressait un petit message à l'un de ses amis Hervé P. qui lui répond aujourd'hui : Je viens d'être informée par radio que les Serbes qui montent par la voie des Abruzzes ont dû rester au C2, car il y a beaucoup, beaucoup de vent à 40km/h, celui-ci devant descendre à 15km/h demain. La météo s'annonce excellente jusqu'au 3 Août, ce qui est bien sûr indispensable pour atteindre le K2, mais également pour redescendre .................

J'ai mis 7 heures pour arriver au C2 (6300m), soit une heure de moins que la dernière fois, avec une bien meilleure forme. Arrivé à midi, Nick à 13h30, on a pris le temps de se reposer un peu, on a eu très beau temps, mais il y a du vent au C2; 
Pour le moment nous sommes tous les 4 dans ma tente, avec Nick et mes 2 porteurs : Karim et Baig. Nick dormira dans ma tente ce soir, les porteurs dormant eux dans la tente de Nick un peu plus petite .
Je suis très content, d'abord je suis beaucoup moins essouflé, les pentes étaient toujours aussi raides , mais ça s'est mieux passé;
Bien meilleure montée, tout va bien, gros bisous
Gérard,Jell et Wilco (photo NoritK2) ce matin avant le C2.
20 h : la veille d'une ascension est toujours un grand moment de réflexion et de méditation, Bon vent, et bon courage Hugues, nous sommes tous derrière toi .........
Midi, le soleil joue à cache cache avec les nuages mais ces derniers semblent vouloir gagner. Pas sûr que mon linge soit sec ce soir?
Départ ce matin 27/07 pour le C1 des Abruzzes,des nationalités suivantes :






A la demande d'Hugues, merci de ne plus lui envoyer de SMS jusqu'à son retour au camp de base, privilégiant son téléphone aux messages météo, à sa très proche famille et aux éventuels secours.
Voie Cesen en rouge - voie des Abruzzes en jaune -
Sur la vidéo suivante, vous pouvez apercevoir Hugues au fond à la 19ème seconde : http://www.vojvodineanexpedition.net/index.php/K2-2008.-Video-zapisi/sastanak.php4

Mon ami Italien Danièlé et 3 Espagnols sont venus du Broad Peak BC nous rendre visite (et probablement aussi pour glaner quelques infos météo). Nous les avons retenus pour le lunch et notre cook a ajouté un paquet de nouille. Cela occupe, fait passer le temps plus vite et oublier la longue attente du bulletin météo qui a du retard aujourd’hui. J’espère cependant l’avoir avant notre réunion de 17h ? 

Avec Nick, Quarim, Baig, le cook et l’help-cook, on déménage et réorganise la tente messe en utilisant une table pour les repas et une pour nos ordinateurs et divers très nombreux matériels tels que caméras, appareil photo, téléphone satellitaire, Bgan, appareils pour recharger tous ces matériels soit avec des panneaux solaires, soit avec le générateur (et bien sûr, pas de standardisation)

Qudrat-Hugues-Karim à droite - Baig en bas à droite -
Pour éviter à Qudrat de rester au BC pendant encore une semaine de mauvais temps, je l’ai laissé partir ce matin avec les 2 porteurs « virés »

Départ sous la neige ce matin à 9 H de Qudrat (en jaune)
Merci à tous ceux qui m’ont adressé des messages ces derniers jours, car cela occupe l’esprit dans ces périodes difficiles. Enormes baisers à vous tous


Tout avait pourtant très bien commencé et l’acclimatement avait été rapide grâce au beau temps du début. Après 3 passages au C3 à 7000m, mes globules rouges se sont multipliés et réclamaient le sommet.
Inutile de ruminer et de rester plus longtemps dans le froid et sous la neige, je ne suis pas d’ici et il faut que j’organise mon retour. Il va falloir démonter les camps 2 & 3, tout redescendre et commander les porteurs.

Je décide d’attendre demain mais je n’ai pratiquement plus d’espoir car les prévisions sont unanimes pour un vent qui va souffler en altitude entre 70 et 100 km/h du 21 au 26/07 avec des chutes de neige pratiquement tous les jours. Même si le temps se mettait au beau le 27, et ce n’est pas prévu, il faudrait attendre 1 ou 2 jours pour que les avalanches tombent et l’engagement de Qudrat & Karim s’arrête le 30/07 !!!! 
Dois - je ajouter que mes doigts sont croisés, voire recroquevillés pour la météo de demain ??????? Hugues.
Autre mauvaise nouvelle, la mort de l’Italien Karl Unterkircher , 36ans , au Nanga Parbat, the killer’s mountain, sommet de 8125m que j’ai eu la chance de réussir en juillet 2005 avec mes amis Georges Dombre et Bernard Constantin ; Cher Bernard avec lequel je partageais la tente et qui a disparu avec 6 autres Français et 5 sherpas sous une avalanche 3 mois plus tard sur les pentes du Kang Guru au Népal.
BC le 19/07/08
Un peu de soleil ce matin, alors vite douche et lessive avant les 2 prochains jours où il devrait beaucoup neiger. Réunion avec les Serbes, les Hollandais et Coréens pour confronter les prévisions météo ; c’est pas bon, voire très mauvais ! Pour certain, pas de fenêtre avant début août … Cela devient très, très préoccupant car mon avion est programmé pour le 8/08 et qu’il faut environ 8 jours pour rejoindre Islamabad!....
Pas merveilleux pour le moral cette longue attente….
Après mon 3ème passage au C3 à 7000m, je suis vraiment bien acclimaté. En redescendant, j’ai hésité de repasser la nuit au C2 car j’avais un genou et l’épaule droite en compote mais on dort trop mal en altitude et j’ai donc attaqué les 1300m pour rejoindre le BC où je suis arrivé vers 19h30, bien content de trouver de quoi boire et un matelas bien à plat.