mercredi 1 juillet 2009



Le mot Fin, je ne peux pas et ne veux pas le prononcer , car il n'est qu'une illusion.
Hugues a été au bout de ses rêves ainsi que ses compagnons de cordée, à travers lui, à travers eux, les rêves continuent dans nos cœurs, et d'autres hommes les perpétueront. Ce sont tous ces rêves fous qui font que les épopées et l'aventure humaine continuent à nous émerveiller.
Cette séparation est douloureuse, mais Hugues est heureux là où il repose, il est parti avec son K2 pour l’éternité sur une victoire éclatante …..
Ainsi, il restera vivant pour toujours dans nos mémoires et dans nos cœurs.
Adieu Hugues.

vendredi 19 décembre 2008

Video - Hugues sous sa tente - C1 -

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jeudi 18 décembre 2008

Vidéo : vue de sa tente

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Vidéo : Hugues du C2 au CB

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Vidéo - fête de l'aga khan -11 Juillet 2008 -

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mercredi 17 décembre 2008

Vidéo du 4 juillet 2008

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Vidéo : Hugues et Karim - C2 -

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Vidéo : Hugues à 6700m

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Vidéo : Hugues au Gilkey memorial - juillet 2008 -

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Vidéo : Hugues sur la Cezen - C2 C3 -

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lundi 15 décembre 2008

http://www.youtube.com/watch?v=8Mzpk2ygjf8&feature=related

Pourquoi ? Pourquoi gravir les montagnes ?
Il existe bien des réponses diverses mais aucune n'est complète, ni satisfaisante. Peut-être n'y a-t-il pas de réponse unique; peut-être chaque alpiniste a-t-il ses propres raisons de consentir à de tels efforts.La réponse ne peut pas être simple. L'immense beauté de l'air clair et froid, des couleurs extraordinaires, l'attrait de régions inconnues au delà des limites de l'expérience en­trent en ligne de compte. Il y a aussi le plaisir de la bonne forme physique, l'orgueil éprouvé à forcer un passage de rocher raide et difficile, le frisson du risque, mais du risque contrôlé par la technique. Comment exprimer ce qui me paraît être le plus important des motifs ? Cette chance offerte de se libérer pour un temps des petits soucis de la vie quotidienne, de rejeter tout ce qui n'est pas essentiel, de pénétrer jusqu'au cœur de la vie elle-même. Nourriture, abri, amis, là est l'es­sentiel, et aussi la foi et le but et la solide, l'inflexible déter­mination.
Sur les grandes montagnes, la volonté tout entière se concentre sur la seule tâche immédiate; le sommet n'est qu'un simple témoignage de succès et la tentative vaut par elle-même. Voilà les raisons pour lesquelles nous grimpons, et qui nous font trouver dans le simple fait de grimper quel­que chose de plus grand que dans l'accomplissement.
C'est cet Extrait de K2 MONTAGNE SANS PITIÉ, par Charles S HOUSTON, aux éditions ARTHAUD qui a aidé un filleul d'Hugues à comprendre ce qui pouvait l'animer dans ses conquêtes de ces sommets aussi prestigieux que terrifiants.

jeudi 30 octobre 2008

Les montagnes ne vivent que de l'amour des hommes.
Là où les habitations, puis les arbres, puis l'herbe s'épuisent, naît le royaume stérile, sauvage, minéral ; cependant, dans sa pauvreté extrême, dans sa nudité totale, il dispense une richesse qui n'a pas de prix : le bonheur que l'on découvre dans les yeux de ceux qui le fréquentent"
Gaston Rebuffat

http://www.sharedsummits.com/content/view/170/1/

Cliquer sur l'image pour plus de netteté

lundi 22 septembre 2008

Quel bel hommage vient de rendre Patrick Gabarrou (*) à Hugues en lui dédiant la dernière voie TD (ou la 9e première) qu'il vient d'ouvrir dans la face Nord des Grandes Jorasses, et qu'il a appelée : "Hugues d'en haut"
«C'est une belle ligne, évidente, qui débouche sur l'arête des Hirondelles», explique l'alpiniste. «Hugues était un homme rare, comme on en rencontre peu. J'ai partagé avec lui quelques semaines au camp de base de l'Everest, en 2003. Attentionné, il cherchait toujours à rendre service, à prêter du matériel, donner un coup de main... Un gars bien».
Ayant appris que Constance, la fille d'Hugues , se mariait samedi prochain, Patrick Gabarrou a décidé de lui offrir cette voie dans les Grandes Jorasses, à la fois en hommage et en cadeau de mariage.
Hugues aura ainsi sa Voie à Chamonix ...., et
Cette nouvelle voie dans les Grandes Jorasses sera une trace immortelle de son passage parmi nous.

(*) Guide de haute montagne et alpiniste de renom, Patrick Gabarrou a réalisé plus de 300 "premières" dans les Alpes, les Andes, l'Himalaya...Mais la montagne n'est pas simplement pour lui un lieu de l'effort et de l'exploit. Elle est aussi un espace privilégié de partage, d'émerveillement, de sérénité où l’on vit très fortement la nature, elle sait aussi se faire mauvaise. Elle connaît des tempêtes, suscite des avalanches mais, pour ce guide hors norme, c’est la beauté qui l’emporte : « Il y a des moments d’étincelance complètement extraordinaires. Ils ouvrent l’esprit aux merveilles du monde, à des questions profondes qui donnent envie de s’arrêter, de se poser, de contempler, d’essayer d’être un passeur de lumière et de vérité ".
(Entre terre et ciel, titre d’un des livres de montagne qui révélèrent sa passion).

mercredi 17 septembre 2008

Message de Serge CIVERA, qui menait une expédition sur le Broad Peak (8 047m) en Juillet 2008, et qui avait retrouvé Hugues au camp de base du K2 pour lui remettre une grosse enveloppe de la part de beaucoup d'entre vous, courrier qui l'avait tant ému.

"Je me souviens de mon arrivée au camp de base du K2, rempli d'émotion comme un gosse qui réalise un rêve; quel alpiniste ne rêve pas un jour de voir le K2, juste le voir !car seule une poignée d'hommes dans le monde peut se mesurer à cette pyramide tellement parfaite. Hugues en faisait partie. Il ne m'a pas fallu longtemps pour le trouver; tout ce petit village installé sur le glacier le connaissait !Je suis tout de suite frappé de voir qu'il est le seul à ne pas être déguisé en alpiniste : petit tricot marron, chemise bleue et des bottes, tel un châtelain au milieu de ses vignes. Hugues surveillait la vie du camp de base : évaluait le travail à faire ... d'un l'œil vigilant et de l'enthousiasme que nous lui connaissons tous. Je suis heureux de le voir, il me présente tout le monde, m'invite dans sa tente pour boire un thé. Il est en forme, rayonnant, plein de son désir de gravir la montagne des montagnes. Nous sommes tous porteurs de désirs et de rêves de changement qui évoluent au cours de notre existence. Certains vont rester enfouis au fond de notre imaginaire ou de notre impatience. D’autres vont se perdre en cours de route et d’autres encore vont se réaliser sans toujours nous combler. Et quelques-uns, vont s’épanouir, devenir porteurs d’une énergie, d'un enthousiasme qui nous fait rayonner et ajouter de la vie aux années, plutôt que des années à la vie.
C'est l'image que je garderai de Hugues, devenu châtelain du K2". Serge Civera.
Après la tragédie du K2, Serge CIVERA dit renoncer définitivement aux expéditions pour se consacrer à sa famille.

mardi 16 septembre 2008

Diaporamas + Vidéos du C4 au sommet + vue panoramique du K2

Expédition K2 - 2008 - en 2 diaporamas :

1) http://picasaweb.google.com/ExpeditionK2/K220088611MHuguesDAubarede02?authkey=wICgXc9EI5c#slideshow] Diaporama

2) http://picasaweb.google.com/ExpeditionK2/K220088611MHuguesDAubarede?authkey=e0juTZFyI-U#slideshow

Vidéo du C4 au sommet : http://www.montagna.tv/?q=node/5976
Vue panoramique du K2 : http://www.montagna.tv/?q=node/2867

samedi 30 août 2008

Témoignage du Docteur Aude Joncquiert Latarjet ,
lu par Pierric d'Aubarede, lors de la messe à la mémoire d'Hugues , le 28 Août à St Genis Laval :

Hugues, sa jeunesse d’esprit, sa générosité, son enthousiasme nous manquent déjà cruellement.

Hugues, rencontré sur les flancs de l’Everest en 2003, accompagné de Mine, faisait partie de ces jolies rencontres, inattendues, conséquence du rassemblement de plusieurs individus tendus vers un seul objectif : gravir le sommet le plus haut du monde.

Neutre et bienveillant, faisant son petit bonhomme de chemin sur L’Ice Fall, sifflotant une chansonnette, alors que d’autres cherchaient désespérément leur souffle dans l’air raréfié, Hugues était une sorte d’extra-terrestre parmi nous. Les hauts glaciers étaient son jardin. Il se promenait avec naturel et facilité dans la « demeure des dieux ».
Indépendant, hermétique à l’ambiance au sein de l’expédition, il nous entourait, particulièrement, nous « les jeunes » de son affection désintéressée.
Il était notre bouffée d’oxygène par son approche saine de l’himalayisme.
Impartial, magnanime et tolérant, il manifestait son empathie envers l’ensemble des membres de l’expédition et écoutait avec attention nos doléances.
Nous le consultions comme on consulte un sage.

Hugues, c’était aussi un détachement et un humour décalé en toute circonstance. Il était un « gentleman de la montagne ». Son élégance d’esprit me rappelait les premiers conquérants des cimes himalayennes, mus par de nobles projets communs aux vrais alpinistes.

Je conserve le souvenir amusé de ses « chaussettes mouillées » à 8000 m qui lui avaient empêché de gravir l’Everest lors de sa première tentative et celui de son alcool de verveine distillée par ses soins qu’il distribuait au camp de base.
Brice, membre de l’expédition, se moquait gentillement de lui en le nommant « vieux sénile », sobriquet qui faisait beaucoup rire Hugues qui le gratifiait à son tour de qualificatifs de la même veine.
Hugues n’avait rien d’un « grand-père » : doué naturellement pour la haute d’altitude, il présentait des aptitudes innées à l’acclimatation à l’hypoxie et au stress induit par les milieux extrêmes.
Hugues était, de mon point de vue, un grand himalayiste.
.
A Chamonix, Mine et Hugues nous recevaient comme des invités de marque en souvenir de l’Everest et nous écoutions avec admiration ses récits d’expédition. Face au Mont-blanc, nous partagions nos rêves d’ascensions et de voyages. Nous nous amusions de sa collection de tableaux en bois sculpté qu’il exposait avec humour pour leur aspect kitsch.
Je me souviens également de sa fantastique bibliothèque de livres de montagne, témoignant d’une passion sincère pour la montagne.

Hugues se lançait à l’assaut de ces mythiques sommets par défi personnel. Sa démarche, sincère, provoquait l’admiration chez nous. Pas une once de médiocrité ou de vanité ne ternissait ses beaux projets. Seule comptait la satisfaction personnelle de se mesurer aux géants himalayens.

Sa réussite à l’Everest l’année suivant notre expédition commune, puis ses essais d’ascension du K2, dont les récits nous laissaient pantelants, nous fascinaient et nous inquiétaient également car nous connaissions la réputation mortelle de ce monstre himalayen.
Hugues connaissait les risques et les contournait par son expérience et ses qualités sportives.

Hugues a poursuivi jusqu’au bout son rêve. En gravissant le mythique K2, il a accompli sa légende personnelle. « Bravo Hugues pour ton sommet ! Tu l’as tellement désiré. Bon sang, comme ça doit être beau, la vue là-haut. Je t’imagine dévalant la pente, rempli d’allégresse à l’idée de fêter ta réussite. »

En apprenant sa disparition, j’ai eu le réflexe, anachronique, d’appeler Hugues sur son portable et de lui demander s’il était vraiment sur les pentes du K2. Je lui ai demandé de rappeler…de me dire que les journaux s’étaient trompés…
Hugues a disparu et ne répondra jamais à mon vain message.

La montagne était sa passion mais son obsession était sa famille et le bonheur des siens.
Il nous parlait souvent de vous et de sa fierté concernant réussite professionnelle et personnelle.

Nous sommes très tristes et vous souhaitons beaucoup de courage. Je penserai à Hugues chaque fois que je joindrai un sommet petit ou grand.
Hugues restera notre « badge » de l’Himalaya pour toujours.

« Adieu Hugues. Repose en paix dans la demeure des dieux himalayens»

mardi 26 août 2008

Cliquer sur l'image pour plus de visibilité : Ci-dessous quelques mots qui témoignent de toute l’émotion qu'Olivier F. partage avec son groupe de randonnée, son groupe de bridge et Mine naturellement.
"La nature nous prive de notre ami fidèle.
Elle a tissé la toile conduisant à la découverte des qualités d’un homme d’exception.
Elle a placé Hugues au sommet d’où il nous regarde avec tendresse.
Elle renvoie sans cesse l’écho d’une voix qui murmure qu’amour et liberté sont des mots qui lui ressemblent.
Elle est l’écrin de beauté qui souligne et renforce l’amitié entre nous.
La nature, très cher Hugues, nous livre le souvenir de notre ami fidèle".
Olivier F.
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"Je garderai de toi, précieusement, Hugues, le souvenir du compagnon joyeux et attentionné de nos petites ballades chamoniardes.Toi, l'indépendant, chaleureux et sociable; Mais tu avais la tête au dessus de nos petits nuages ;Tes amis d'en-bas t'embrassent tendrement".
Etienne G.
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Ce sommet est un billet sans retour pour qui s'y aventure.
A vouloir approcher de trop près le ciel, celui-ci semble prompt
à vous garder".
Laurent M.
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dimanche 24 août 2008

Cette photo très émouvante d' Hugues, Karim, Gérard, Wilco et Marco à leur arrivée à
8 611 m à 19H le 1er Août 2008, a été prise par le Hollandais CAS van de Gevel (témoin de la disparition d'Hugues dans le bottleneck) . Les visages ne sont pas très nets, mais vous pourrez reconnaitre Hugues à son équipement et ses bottes. C'est une photo fatale, seuls Wilco et Marco survivront ........

CAS : "Au moment où j`arrive moi même au sommet (vers 19H) Hugues est toujours là. Nous nous embrassons et parlons un peu. Je lui fais un compliment qu`à son âge il arrive au sommet du K2. Il est clair et réagit normalement. Il se déplace sans oxygène au sommet de la montagne. Hugues est ravi et se trouve en bonne condition physique. Son porteur Karim ne dit plus rien car........il est très fatigué. Peu après Hugues repart. Je ne sais pas s`il porte une bouteille d`oxygène. .........................
Moi-même et mon équipe vous soutiennent afin de pouvoir surmonter cette perte. Vous pouvez toutefois être fiers qu' Hugues ait pu réaliser son rêve de la montée du K2. Une réussite formidable.
Hugues était un homme formidable. J' avais beaucoup de respect pour lui. Il a eu le courage à son âge de monter cette montagne, le K2, et il a réussi. Tout le monde avait beaucoup de respect pour lui au camp de base.
Cas van de Gevel ,Camp de base Pays-Bas Norit K2 expédition

"Marco Confortola l'appelait Monsieur Ugo (en italien) et avait beaucoup de respect et d'amitié pour lui. Ils avaient partagé une si longue attente au camp de base..... dans ces situations se créent de forts liens........" (Donatella, sa webmaster)


Message de Yan Giezendanner :
Hugues m’accordait une confiance hors limite depuis l’Everest, il avait choisi de gravir ce K2 en toute conscience des risques de la très haute altitude. Sa forme physique lui donnait l’audace de s’attaquer à cette montagne mythique. Ses confidences lucides le ramenaient très souvent vers les siens. Il est mort en homme libre, destin d’un homme au caractère de granit… Je t’aimais bien l’ami. Yan .

(Yan Giezendanner : routeur météo. Prévisioniste à Météo-France).

lundi 18 août 2008

Cette photo prise par Nick Rice est la dernière photo des grimpeurs dans le bottleneck à 11h le 1er/08. (cliquer sur la photo pour l'agrandir).
La vidéo ci-dessous montre une approche du goulot d'étranglement sur le K2.
Elle a été prise par K.Unterkircher (disparu sur le Nanga Parbat le 15/07/2008) au cours d'une expédition en 2004 pour marquer le 50e anniversaire de la première ascension de la montagne Sauvage par l’équipe Italienne en 1954 avec Lino Lacedelli, Achille Compagnni et Walter Bonatti.
http://www.youtube.com/watch?v=qjaV4ejbOCo&feature=related
Le K2 est aussi appelé la « montagne tueuse » parce que sur cinq personnes arrivant au sommet, une ne survivra pas à la descente. C’est une montagne très raide avec de nombreux passages techniques, des chutes de séracs et des avalanches. De plus, elle est très isolée, à sept jours de marche du village le plus proche.
Quelques statistiques :D’après les derniers chiffres, entre 1954 et 2007, 284 personnes ont pu fouler le sommet du K2 et 66 autres ont perdu la vie en essayant de s’y rendre. Sur l’Everest, au cours de la même période, 3681 personnes se sont rendues au sommet et 210 y sont morts.Avec ces onze autres morts, si on fait le compte, la « fatalité » du K2 est cinq fois plus élevée que celle de l’Everest.

Comme lors de la conquête Italienne du K2 en 1954, très controversée , tout s’est joué un 31 juillet.
Ce jeudi 31/07/2008, une vingtaine de « summiters » sont prêts à vaincre la deuxième plus haute montagne de la terre : le K2 (8 611 mètres). Hugues, des Serbes, Coréens, Américains, Espagnols, Hollandais ou Norvégiens se préparent depuis des semaines, rongeant leur frein au camp de base trois mille mètres plus bas. La fenêtre météo est étroite : cinq, six jours, pas plus. Elle est surtout rare en cette saison où la mousson s’installe sur les cimes himalayennes. Tous le savent, cela fait un mois qu’ils l’attendent.

Le lendemain de son arrivée au camp de base, le 18 juin, Hugues et son compagnon de cordée américain, Nick Rice, 23 ans, se voient proposer une association par Wilco Van Rooijen, Hollandais, 42 ans .
Au camp de base il y a cinq expéditions , dont l’expé Norit dirigée par Wilko composée de cinq hollandais, un Australien, un Irlandais et un sherpa népalais (Pemba). qui proposent à Hugues de prendre la voie Cesen pour être plus nombreux à l’équiper, cette voie est plus directe donc beaucoup plus raide que les Abruzzes, mais plus protégée .
L'expé de Wilko a déjà équipé jusqu’à 7 100 mètres alors que la voie des Abruzzes est encore vierge.
les deux itinéraires se rejoignent vers 7 900 mètres sur l'épaule pour entamer la dernière partie, appelée le « goulot de la bouteille » ou bottleneck, jusqu’au sommet. Même si le goulot d'étranglement est impressionnant par le sérac qui le domine et sa partie étroite très raide d’une centaine de mètres surplombée de glace et de neige, celui-ci n'est pas le « cœur » de la montée, les pentes jusqu’au C2 étant beaucoup plus difficiles et techniques. Ce goulot ressemble à un sablier, large à sa base et s'ouvrant à nouveau au sommet par un énorme sérac appelé : le balcon .

Le K2 est à la fois exigeant physiquement et techniquement difficile .

Pour vaincre les sommets himalayens, il n’y a pas trente-six méthodes : l’équipement des parois et l’acclimatation indispensable des grimpeurs consiste à enchaîner les aller-retours, de camp en camp, comme les paliers pour les plongeurs.
Sur le K2, quatre camps précèdent le sommet comme vous avez pu le constater dans tous les récits précédents.
Pour monter les tentes, la nourriture, les cordes et duvets, les alpinistes peuvent compter sur les HAP (High Altitude Porters), guides pakistanais ou sherpas népalais. Chaque expédition en emploie deux ou trois. Hugues était acompagné de 2 porteurs Karim et Beig.
Après deux semaines de mauvais temps, les prévisions météo promettent un créneau du 31 Juillet au 2 Août au moins. Cinq jours avant l’assaut final, samedi 26 juillet, une grande réunion rassemble tout le monde au camp de base. En tout, vingt-six grimpeurs prévoient d’emprunter les Abruzzes, onze grimpeurs la Cesen. Les Coréens, Américains et Serbes sont trop nombreux pour monter le même jour et prévoient donc deux rotations.




Hugues avant-dernier à gauche,puis à droite, et le 3ème à gauche derrière après le meeting

Cette réunion permet d'établir une feuille de route et une répartition du matériel que chaque expédition devait monter au camp 4. Un groupe de tête, Sherpas et Pakistanais chapeautés par 2 Coréens, doit quitter le camp 4 à 23h30 pour installer les cordes fixes sur l'itinéraire du sommet, avant le départ des himalayistes deux heures plus tard.Les chefs d’expédition s’arrangent : dans la dernière partie, chacun doit assurer l’équipement d’une partie du dernier tronçon, très raide et très dangereux.

Le « bottleneck » est une pente de 200 mètres de long, tout en glace, à 45 degrés. Un vrai toboggan, dans la zone de la mort au-dessus de huit mille mètres.

L’ascension des quatre camps jusqu'à l'épaule, soit 8000 m environ, se déroule très bien malgré l'extrême fatigue qu'ils ressentent sur ces pentes très raides, le manque d'oxygène, etc, et le 31 juillet au soir, un ciel clair est au rendez-vous, sans grand vent, par moins vingt degrés. Hugues est heureux d'être arrivé sur l'épaule , il se sent très en forme, et est très confiant pour "l'assaut final" de "son" K2 avec l'aide de Karim et Beig.

A partir de la barrière des 8 000 mètres, il faut savoir que personne ne peut, sans mentir, affirmer qu’il dit l’entière vérité. Le manque d’oxygène, de sommeil et les efforts consentis altèrent singulièrement la lucidité. Le récit suivant ne représente peut-être pas l'exacte vérité, d'autant plus que les protagonistes n’ont pas encore fait une déclaration définitive des faits.
Le«deal» passé entre les expéditions est simple: les Hollandais apportent les quatre cents mètres de grosses cordes nécessaires pour équiper le goulot, les Italiens et les Serbes deux cents mètres pour assurer la traversée sous les séracs, juste après le goulot, les Américains une corde plus fine pour relier les drapeaux servant à baliser le chemin, drapeaux hissés par les Coréens. (photo ci-dessous).


Première erreur : des cordes mal posées (par les porteurs) :
Ils sont donc vingt grimpeurs à s’élancer au cœur de la nuit, le 1er août. le groupe de tête quitte le camp IV à minuit, les himalayistes partent entre 2h30 et 4h;

Un Coréen semble insister sur l'aménagement de la corde fixe plus tôt que prévu; Cette simple décision signifie qu'au moment où les grimpeurs atteignirent le bas de la pente du goulot d'étranglement, il n'y a plus suffisamment de cordes. L'équipe de Wilco s'apercevant que les Coréens ont fixé les cordes bien avant ce qui avait été prévu, les fait déséquiper puis repositionner plus haut, les grimpeurs attendent sous un énorme sérac suspendu, s'impatientent, et prennent donc beaucoup de retard.

Un Américain de 35 ans, Eric Meyer, est encore au pied du couloir à 7h , il raconte : "C'était trois heures plus tard que prévu .........le groupe de tête progressait très lentement, avec beaucoup de grimpeurs très près les uns des autres. Le soleil est arrivé sur le sérac : 100 mètres de glace surplombante très fracturée .......... " Il préfèrera redescendre avec deux autres Américains.

Nick Rice, qui a pris du retard à cause d’une chaussette mouillée, confirme cette erreur :« Quand je me suis réveillé, j’ai entendu Eric, Chris, Fred et Paul (Américains) revenant de leur tentative avortée vers le sommet. Ils me transmirent le message des Hollandais demandant plus de cordes." Apparemment, les Sherpas avaient installé une partie située avant le goulot de la bouteille (où cela n’était pas nécessaire) et n’avaient donc plus de corde à fixer dans ce passage exposé et technique du goulot. »
Nick Rice, perturbé par l’incident de ses chaussettes mouillées et parce qu’il ne sent plus ses doigts gelés, fait demi-tour et prend cette dernière photo des grimpeurs au pied du bottleneck le 1er Août à 11h, avant de redescendre au C4: en agrandissant la photo, vous apercevrez les grimpeurs les uns derrière les autres (entre les rochers et le sérac)

- Seconde erreur, un porteur a oublié une longueur de corde,

Pourtant, la plupart d'entre eux poursuivent l’ascension en rééquipant les cordes fixes; Wilco précise : "Malgré tout, nous avons continué notre progression. Bien évidemment, cela a pris des heures et des heures. Certains ont fait demi-tour parce qu’ils n’avaient plus confiance. »
dont Jelle Staleman, un jeune grimpeur Hollandais de 26 ans qui, se rendant compte qu'il n'arrivera pas au sommet avant 8Hpm et qui a les pieds gelés, prend la décision de redescendre, ainsi que 4 Américains. Ils sont trop nombreux à emprunter le même itinéraire.
Dans la montée du goulot, le Serbe Dren Mandic se détache des cordes fixes pour changer sa bouteille d'oxygène. Il décroche et tombe en criant. Il y a un débat sur l'opportunité d'essayer de récupérer le corps de Mandic. 2 Serbes et leur porteur Hussein renoncent à monter et décident de descendre le corps au camp 4 pour lui trouver une sépulture. Dans la confusion, un porteur pakistanais, Jehan Baig, qui présente des symptômes d'un MAM (mal aigu des montagnes), tente d'aider, décroche lui aussi de la paroi sans faire un geste pour enrayer sa chute, et bascule dans le versand sud ; ce furent les 2 premiers disparus ...........Suite à la mort de Beig qui était le seul à avoir réussi l'ascension du K2 auparavant , Hugues n'a plus qu'un porteur Karim, et peut-être plus qu'une bouteille d'oxygène............

2 Norvégiens renoncent avant le sommet : le premier déshydraté, fait demi-tour peu après la traversée et rejoint le camp 4 à 20h30. Rolf Bae s'arrête 100 mètres sous le sommet et attend le retour du quatrième Norvégien, Lars Nessa, et de Cecilie Skog sa femme avec laquelle il est marié depuis un mois.

Après 16 heures de montée, au lieu de 10 ou 11 heures, avec l'aide d'oxygène pour certains, les 2 Norvégiens, les 5 Coréens et deux de leurs sherpas népalais arrivent au sommet à 17 H20, l’Irlandais Gérard McDonnel à 19 heures, Hugues et son porteur Pakistanais Karim Meherban à 19h30 , puis les deux Hollandais Wilco Van Rooijen et Cas Van de Gevel, avec leur sherpa népalais, Pemba Gyalje et enfin, à 20 heures, l’Italien Marco Confortola: d’après le tableau des arrivées (cliquer sur : tableau des arrivées au sommet ) établi par le site Xexplorersweb,
(photos ci-dessous : Gérard, Wilco, et Pemba au sommet - Gérard et Pemba - Gérard)

A la question de savoir s’il était trop tard pour aller au sommet, Aman Ashraf, premier guide pakistanais à vaincre le K2 en 1977, a prudemment répondu par mail :
« Oui, tenter le sommet à une heure tardive peut être un des facteurs d’accidents mortels sur le K2. »


Rolf, Cecilie et Lars descendent les premiers. Ils rejoignent le haut des cordes fixes 15 minutes avant la nuit et s'engagent dans la traversée sous la base du gros sérac.

Il fait nuit, (- 40°), aux environs de 21 heures, un grondement secoue l’air. Un sérac surplombant le goulot de la bouteille se détache: des tonnes de glace dévalent la pente et arrachent les cordes. Elles emportent avec elles plusieurs grimpeurs: le Norvégien Rolf Bae (sous les yeux de sa femme), le Sherpa Jumic Bhote et son collègue Pasang Bhote qui tentait de lui venir en aide . Déjà cinq morts. Le piège se referme.

Lars et Cecilie ont 40 à 50 mètres de corde dans leur sac, ils descendent par un rappel en oblique vers le flanc rocheux gauche du goulot. Encore 50 mètres de désescalade sans corde, du 45° à 50° parfois en glace, puis la pente s'adoucit; à 23H, ils sont au C4.

Au-dessus des séracs, la descente des quinze derniers alpinistes est très lente, mais ils sont groupés. Lorsque la nuit tombe, la panique s'installe, le groupe explose.

Comme le raconte Wilco, quelques jours plus tard sur un lit d’hôpital à Skardu, la panique s’empare alors du petit groupe des survivants:
« Ils n'avaient plus le temps d'engager une discussion, Ils descendaient à toute allure mais sans savoir où aller, certains perdus sur la mauvaise voie du bottleneck, la seule chose qu'ils devaient faire était de vite descendre car quand on descend, on a plus d’oxygène et donc plus de chances de survivre. »
Wilco aurait alors tenté de tous les convaincre de rester groupés et de trouver ensemble une solution mais beaucoup n’ont pas réagi, comme enfermés dans leur propre lutte pour survivre:
« Ils pensaient à utiliser mon oxygène, ma corde. Donc, en fait, chacun se battait pour soi et je ne comprends toujours pas pourquoi nous nous sommes abandonnés les uns les autres. »
A 21 heures, 2 sherpas dont Pemba partent en avant, ils découvrent que les cordes ont été emportées, tentent d'alerter les grimpeurs qui suivent, sans succès. Ils utilisent la corde des Norvégiens, puis désescaladent. La nuit est calme, mais très noire, ils voient des lampes frontales au-dessus du goulot. La crainte du sérac les pousse à vite regagner le camp 4 qu'ils atteignent à 1h30. Sous le sérac, les frontales sont toujours allumées, sans doute celles des 2 Coréens, Mi Sun Go, ex championne d'escalade sur glace, et Jae-Soo Kim, chef d'expé, et CAS précédant Hugues qui semble être à court d'oxygène. Karim n'est pas avec lui...................
Au sommet, Hugues aurait dit aux autres alpinistes qu'il était très préoccupé de ne plus avoir d'oxygène, et qu'il voulait descendre à tout prix.
Le Hollandais CAS Van de Gevel qui était devant lui dans le bottleneck est le témoin occulaire de la disparition d'Hugues vers 00h00- 01h00 le 2 Août. Par contact radio, il appela immédiatement Pemba et les alpinistes survivants au C4 pour monter retrouver Hugues , recherches qui se poursuivirent vainement jusqu'au lendemain ............
Mi Sun Go, Jae-Soo et CAS arriveront au C4 entre 2 et 3h.
Confortola et McDonnel creusent un trou dans la glace. Comme Wilco, ils passent la nuit sous le sommet, à lutter contre le sommeil et le gel.

1er bivouac pour Gérard,Marco,Wilco

Aux premières lueurs de l’aube, ils repartent dans le goulot où ils découvrent trois Coréens Park Kyeong Hyo, Hyokyeong et Kim Dong Jin Hwang , dans un enchevêtrement de cordes en pleine pente, en fâcheuse posture, la tête en bas, encore conscients mais prisonniers de ces cordes, il manque une chaussure à l'un d'entre eux, Marco lui enfilera un gant de haute altitude.

McDonnel et Marco Confortola tentent en vain de les aider pendant 3 heures , Marco tente de sortir leurs bouteilles d'oxgène et leurs masques pour les aider à respirer, il tente de couper les cordes .Mc Donnel insiste également pour les délivrer de ces cordes, Confortola épuisé, poursuit sa descente et perd de vue son compagnon. L’Italien s’endort, mais est réveillé par une seconde avalanche qui passe à vingt mètres sur sa droite, une bouteille d'oxygène qui dévale la pente le blesse derrière la tête; Il voit alors émerger plusieurs corps : celui de son copain McDonnel qu'il reconnaît par ses bottes jaunes, et ceux des Coréens. Il repart, s’arrête un peu plus loin et retombe dans l'inconscience.

Peu après, 2 sherpas des Coréens, partis du C4 pour secourir ceux qui sont en difficulté, repèrent Marco. Ils poursuivent vers le goulot et alertent par radio Pemba qui remonte au secours de Marco : il le réveille, lui donne de l'oxygène, et l’aide à descendre ; Quelques minutes plus tard, un nouveau sérac s'effondre, l'avalanche de blocs frôle Marco et Pemba qui rentreront un peu plus tard au C4, sains et saufs.

" Il m’a sauvé la vie, sans lui je serais mort, raconte Marco. Je refuse de parler de responsabilités, ni sur la responsabilité des autres a déclaré Confortola. Je ne peux que réfléchir à ce que j'ai fait et avoir la chance d'être en vie, en tirer des leçons. je mettrai beaucoup de temps pour cela. "

Mail de Donatella, la webmaster de Marco : "Hier il a raconté ce qu'il a vécu : il confirme qu'il n'a pas vu ce qui s'est passé pendant que Hugues descendait. Marco a été le dernier qui est arrivé au sommet. Il a vu Hugues qui était devant lui pendant qu'ils montaient: Hugues était plus rapide que lui grâce à l'oxygène. Quand Marco est arrivé au sommet Hugues descendait déjà....Marco a compris ce qui s'est réellement passé seulement quand il est arrivé au camp de base. Après la nuit à 8300 mètres, il a trouvé les trois Coréens qui avaient été trainés par le sérac, pendus aux cordes. Il a tout essayé pour les aider. Deux étaient peut-être déjà morts.... après trois heures il a commencé à descendre dans l'espoir de trouver quelqu'un qui puisse monter les aider...pendant qu'il descendait l'avalanche les a pris et submergés.....Puis PEMBA lui a sauvé la vie .......

Photo : Confortola sur le K2 à 8 611 m le 1er Août 2008.
http://www.marcoconfortola.it/


Le 3 Août, Marco commencera sa descente par l'éperon des Abruzzes, soutenu par des Américains et des Pakistanais, luttant contre un oedème cérébral et de graves gelures aux pieds.
Wilco Van Rooijen, après avoir bivouaqué à 8500 m, peut à peine voir. Il se réveille et réalise que sa vision est gravement compromise, il est atteint d'ophtalmie, aveuglé par la montagne de glace et l'éblouissement. Il a porté des lunettes de protection, mais l'altitude et la fatigue font des ravages, il n'arrive plus à s'orienter , ne trouve aucune corde, le temps se dégrade, la situation devient critique. Avec son téléphone satélitaire, il veut appeler le CB, il ne se souvient plus du numéro, il ne voit plus et ne peut donc consulter son carnet, il appelle donc sa femme qui avertit immédiatement le CB ; il se perd à nouveau, mais finalement aperçoit de loin quelques tentes du C3; du CB, il est aperçu aux jumelles , complètement perdu errant sur la voie Cezen entre le C4 et le C3.


Pemba et CAS (prévenus par le CB) vont lui sauver la vie en descendant le chercher du C4 après l'avoir localisé. Wilco, miraculé après un second bivouac, souffre de sévères engelures aux pieds, il lui faut encore redescendre toute la paroi, soit 3 000 mètres jusqu’au glacier. Deux journées d’efforts supplémentaires pour les Hollandais qui arrivent le 4 août au camp de base.
Cas et Wilco

Témoignage de Pemba : " En pensant à son oxygène, car il n'a que 2 bouteilles, j'ai dit plusieurs fois à Hugues : préparez 4 bouteilles, c'est plus sûr pour vous, mais il m'a dit qu'il espérait que ça serait suffisant . Quand il est arrivé au sommet, il a fait un appel à sa famille et m'a demandé de le prendre en photo avec son appareil, puis je le lui ai rendu et il a pris beaucoup de photos autour de lui-même, il était très heureux sur le sommet . Il m'a également demandé que je téléphone à ma femme, j'ai dit non, il a insisté, et je lui ai dit que nous devions maintenant descendre rapidement parce que nous étions en retard, et il a dit :

"OK Pemba , Je suis d'accord avec vous, mais nous l'avons ce sommet ! "

Après nous sommes descendus ensemble du sommet jusqu'à 8 500 m où il faisait nuit noire. Hugues et Karim étaient derrière moi et descendaient lentement avec les autres, il n'y avait pas de grande distance entre les uns et les autres, quand j'ai atteint le ravin il n'y avait plus de cordes fixes, c'était difficile pour moi aussi, j'essaie de prendre contact avec d'autres grimpeurs mais tous les systèmes de communication ont été rompus, c'était dangereux de rester sous le sérac, alors j'essaie de descendre sans corde fixe, puis avec la corde des Norvégiens, lorsque j'atteins enfin la zone de sécurité en bas du bottleneck, je vois la plupart des grimpeurs avec leurs lampes frontales juste au-dessus du bottleneck, notre système de communication ne fonctionnait plus.

le lendemain matin du C4, la visibilité était très mauvaise en montant retrouver Marco à qui j'ai donné de l'oxygène avant de l'aider à redescendre au C4. Je n'ai pas revu Hugues... Seul CAS est témoin de sa disparition, après l'avoir vu en difficulté en haut du bottleneck car il manquait d'oxygène" .................................. Pemba Sherpa Gyalje

Les survivants se comptent sur deux mains: un Espagnol, un Italien, deux Coréens, deux Hollandais, un Norvégien et deux Sherpas népalais. Cet accident serait le plus meurtrier depuis 1986 où le K2 avait fait 12 morts... Très émue en vous livrant du mieux possible les raisons de la disparition d'Hugues (suite aux témoignages des survivants nous aidant à comprendre l’enchaînement qui a conduit à une telle tragédie), je vous dis à bientôt, soit le 28 Août à 16H30 en l'Eglise de St Genis Laval pour une messe en la mémoire d'Hugues.
Les 11 disparus :

GERARD McDonnell, 37 ans, ingénieur Irlandais vivant en Alaska. Il avait atteint le pôle Sud et a été le premier irlandais à atteindre le sommet du K2.

MEHERBAN KARIM, le porteur d'Hugues, un jeune porteur Pakistanais de la vallée de Hunza, mort en redescendant avant le bottleneck.

DREN MANDIC, 32 ans, un Serbe membre du Spartak Mountaineering Club dans le nord de la Serbie. Le premier des 11 à mourir quand il a glissé en dépassant un autre grimpeur.

JEHAN Baig, porteur d'Hugues, un jeune Pakistanais de la vallée de Hunza. le deuxième des 11 à mourir en essayant de sauver Dren Mandic.

KIM Hyo-GYEONG, 33 ans, Coréen membre de la Fédération coréenne du Gyeongsang du Sud qui avait envoyé une équipe de huit hommes au sommet du K2 en 2000.

Pasang Bhote, 34, le Sherpa népalais, mort en tentant de sauver son ami, Jumik Bhote. Ils venaient du même village;

HWANG DONG-JIN, 45 ans, le célèbre alpiniste Coréen, qui avait grimpé trois 8000 mètres dans l'Himalaya et qui conduisait l'équipe Coréenne.

ROLF BAE, 33 ans, explorateur Norvégien. Son épouse, l'alpiniste, Cecilie Skog, qui a assisté à sa mort, a survécu.

Jumik BHOTE, jeune Pakistanais du village de Hungung.

PARC Kyeong-Hyo, 29 ans, un Coréen qui avait atteint le sommet de l'Everest en Mai 2007.

HUGUES , 61 ans, en descendant le bottleneck. ..............

mercredi 13 août 2008

Une messe à la mémoire d'Hugues sera célébrée le jeudi 28 Août à 16H30 par le père Bouzy en l'Eglise de Saint-Genis Laval (69230).

mardi 12 août 2008

Pemba, Mark, Jelle Roeland et leurs porteurs sont arrivés à Islamabad et sont réunis actuellement avec Wilco et CAS, les Hollandais.


Nick devrait arriver d'ici 2 ou 3 jours, blessé à la cheville (ligaments déchirés pendant le treck de retour).

lundi 11 août 2008

" Tant que l'on parle de vous, vous n'êtes pas complètement disparu " !

Cette pensée m'aidera à vous faire "vivre" Hugues encore quelque temps à travers les témoignages des alpinistes et sherpas rescapés, ceux-ci devant nous faire part dans les prochains jours, des dernières informations sur la fin tragique de cette expédition.

En devenant le 11e français à atteindre les 8 611 mètres de cette pyramide monstrueuse, que d'aucuns surnomment « la montagne des montagnes », Hugues entre dans l'histoire de l'himalayisme.

Nous l'avons suivi pas à pas jusqu'à 8 611 m, puis l'avons perdu vers 8 400 m dans le bottleneck. Le K2 aura eu raison de lui et Hugues restera pour l'éternité sur sa montagne, celle qu'il avait tant convoitée.

Nous tous, une grande famille autour de lui, le cherchons encore dans nos coeurs, seul le temps pouvant nous aider à adoucir notre chagrin, et à apaiser nos coeurs.

Le bottleneck :

Toutes les expéditions redescendent actuellement du CB jusqu'à ASKOLE.
CAS et WILCO sont à Islamabad où ils viennent de rencontrer avec beaucoup d'émotion à l'ambassade Irlandaise la famille de Gérard Mac Donnell décédé dans l'avalanche..

Le reste du groupe : Jelle, Roeland, Pemba et Mark ne sont pas encore arrivés. La progression vers SKARDU et Islmabad est très lente pour une raison politique, avec de très nombreux contrôles de police. Ils devraient arriver à ISLAMABAD demain mardi où un meeting est prévu avec toutes les expéditions." ..............
"Ses dernières années de vie passées si souvent très haut en altitude sont invraisemblables de passion pour la montagne et l'aventure. A posteriori, elles me paraissent presque suréalistes tellement elles ont été "pleines". Nicolas M.

samedi 9 août 2008

Nick Rice a enfin quitté le camp de base hier avec de nombreux porteurs avec lesquels il rencontre certains problèmes; il est actuellement en route pour ASKOLE qu'il rejoindra après 4 jours de marche.
Pour ceux qui maîtrisent bien l'anglais, écoutez le message audio de Nick à son retour de l'épaule au CB le 2 Août :
http://www.knx1070.com/topic/play_window.php?audioType=Episode&audioId=2803294

vendredi 8 août 2008

http://www.youtube.com/watch?v=tpcP7_2x0Eo

Quelques jours avant son départ début Juin, Hugues m'avait écrit quelques lignes:

Le K2, la montagne des montagnes.
C'est une pyramide de 5 km de large, et 3.5 km de haut : une masse de schistes et de granit, équivalente à 37 Cervin.
Il faut imaginer son sommet non comme un lieu physique, point de rencontres de 5 arêtes montant de la Chine et du Pakistan,mais comme une bulle, un espace de non vie aux confins de la strastophère où l'air pèse 3 fois moins qu'au niveau de la mer, où le vent frappe avec la violence du jet stream.
Tous les alpinistes qui, plus tard parviendront à en redescendre, exprimeront à leur manière cette sensation que nulle montagne au monde ne procure avec cette intensité.

"Le K2 est une mise à l'épreuve, une personnification géologique de l'angoisse. L'escalader est une confrontation permanente avec la peur de la mort (Greg Child - 20/08/1990)
Les sentiments sont parfois plus lourds à porter que les bardas les plus encombrants. En Himalaya, il ne faut compter sur personne, parce qu'on est toujours à la limite de ses possibilités.
Depuis 1985, 10 Français ont réussi l'ascension du K2 , (entre parenthèses date de leur décès)
Eric Escoffier ( Broad Peak - 1998 -), Daniel Lacroix (K2) Benoît Chamoux qui disparaît lors de l'ascension de son 14e et dernier 8000, le Kangchenjunga le 6 octobre 1995, Maurice et Liliane Barrard (K2 - Août 1986) Chantal Mauduit (Dhaulagiri -1998 -) Jean-Christophe Lafaille (Makalu- 2006).
Un seul à ce jour reste vivant : Christophe Profit.
Tous les autres sont morts en montagne. 5 femmes ont gravi le K2, toutes sont décédées en montagne.

On ne vainc pas une montagne, et la montagne ne tue pas.
Certains alpinistes gravissent des montagnes, d'autres y meurent.


Son sourire, son amitié, sa grandeur d'âme, sa discrétion vont me manquer. Alors Papy des Neiges, vis ton éternité comme tu as vécu sur terre, un jour....., même si comme toi je doute, cela fait plaisir aujourd'hui de s'y accrocher...., on se retrouvera ! Danielle M.

Quelque part la montagne l’a gardé pour elle…il était trop précieux, trop exceptionnel pour notre monde quotidien…Il est parti pour l’Eternité sur une victoire éclatante… Ainsi il restera vivant pour toujours dans nos mémoires et dans nos cœurs.
A bientôt Hugues, au fil de nos souvenirs…tu seras toujours là ! Michèle P.

jeudi 7 août 2008

Le camp de base du K2 ressemble à une cage d'où tout le monde veut s'échapper.
Les Coréens sont à la recherche d' hélicoptères pour venir les chercher le plus rapidement possible. Les Américains, Néerlandais, Serbe (Hoselito), et Norvégiens restent dans l'attente des porteurs.
Très peu d'expéditions envisagent de rester et de tenter l'ascension. Les Singapouriens, qui sont arrivés au CB mi-Juillet, réfléchissent pour décider s'ils tentent le K2 ou un autre 8000 m ; Mike Farris, l'un des Américains, envisage de rester au camp de base, et voir si les conditions météorologiques s'améliorent. Il y a également une équipe de ski américaine qui vient d'arriver du Broad Peak .

Le Camp de base se "détériore" ; tous les soirs, ils entendent des cascades de chutes de pierres sur les pentes autour d'eux; des énormes morceaux de glace s'écrasent sur la morraine, et quotidiennement les avalanches se succèdent sur les pentes des sommets qui les entourent . Les voies du K2 deviennent très dangereuses, car lorsqu'il y a moins de neige et de glace sur la montagne, des ruisseaux de pierres dévalent la montagne.

Deux hélicoptères Ecureuil ont décollé de l'aéroport de Skardu - qui abrite une base militaire de l'armée de l'air pakistanaise. Ils ont hélitreuillé sur l'héliport de fortune que les Américains ont construit au camp de base : les néerlandais Cas van de Gevel, Wilco van Rooijen, et Nabeel. qui sont actuellement soignés pour de graves engelures aux pieds pour Wilco, aux mains pour CAS, et risquent certaines amputations.

Les hélicoptères devraient récupérer ensuite les Italiens Marco Confortola (qui descend du camp C3 au camp C2 comme l'a reperé le pilote de l'hélicoptère qui a fait un survol de la zone) et Roberto Manni.
Photo : Marco à Skardu

Ce matin, les deux Italiens :Marco et Roberto, ont finalement été évacués par hélicoptère à Skardu. Une brève escale à la base militaire de Paiju a permis à l'hélicoptère de revenir et d'effectuer un autre sauvetage sur le glacier du K2. Marco a raconté ses sept derniers jours passés à lutter pour sa vie sur la montagne, qu'il décrit comme une expérience effroyable ayant passé la première nuit en plein air avec Gerard, car ils estimaient que de descendre les pentes raides dans l'obscurité était trop risquée.

Jelle (Hollandais), Roeland (néerlandais), Mark (Australie), et Hoselito (serbe) sont partis pour Gondogoro La Hushe, une jeep les attendant à Skardu. Les Coréens ont loué un hélicoptère militaire MI17 afin de venir les chercher au Camp de Base . Le camp serbe a été complètement démonté, de même que celui des Néerlandais, Nick, pressé de repartir, espère que ses porteurs arriveront demain ou après-demain,


Message de l'un de ses amis :

Tous ces moments d’amitié inoubliables passés ensemble en montagne depuis si longtemps, ces raids annuels dans les Alpes française, suisse, italienne que tu ne voulais jamais manquer, et où nous partagions tant d’effort, d’émotion, de joie avec Denis, Didier, Alain, Martin, Quentin, Hervé, Armelle…etc…

Tu n’étais ni meneur ni organisateur mais curieux, sensible à la beauté de la nature dans sa grandeur comme dans ses détails. Tu étais heureux là haut loin des platitudes de la vie urbaine et mondaine. Tu étais toujours plein d’attention et tes blagues que tu m’adressais presque quotidiennement me manqueront.

En avril dernier, à la dent d’Herens j’avais cru comprendre que tu renoncerais au K2, admettant enfin qu’il n’était pas pour toi, mais je me suis lourdement trompé. J’enviais ta faculté à t’endormir en refuge sitôt allongé, et te voilà endormi pour l’éternité.

A Julia, Constance, Mine, Pierrick ta famille et tes amis j’exprime mon affection et ma chaleureuse amitié.

Philippe REYNAUD

mercredi 6 août 2008

Ne soyez pas choqués par les images ci-dessous. En les insérant dans ce blog pour la mémoire d'Hugues, je souhaiterais remercier Nick Rice.

Hugues le considérait comme son fils ; il le trouvait délicat, attentionné, drôle, plein d'humour, un super compagnon de cordée, disait-il.

Il se trouvait encore très jeune, quand, dans les camps supérieurs, Nick (23 ans)n'arrivait qu'une heure ou plus après lui !

Nick a été d'une grande aide pour Hugues, pendant le treck, au camp de base avec ses connaissances informatiques qui lui ont permis de nous adresser de très nombreuses nouvelles et photos, pendant l'ascension, mais surtout pour toutes ces dernières heures de cauchemard au Camp de base où, bouleversé par cette tragédie, il a du tout gérer, empaqueter tous les effets personnels des alpinistes disparus, rappeler des porteurs pour organiser un retour pour Skardu, afin de rapatrier ces effets aux familles, répondre à de très nombreux interviews, toujours disponible à l'écoute de toutes les familles qui cherchaient à comprendre, et graver des plaques sur ce mémorial Gilkey en la mémoire des disparus.(ci-dessous)
Nick, pour Hugues, soyez ici remercié très vivement de la part de toute sa famille, ses amis, et les très nombreux lecteurs anonymes de ce blog qui se manifestent par dizaines avec des petits mots très touchants .

mardi 5 août 2008

Hugues méritait de très nombreux hommages, ils arrivent par dizaines tous plus émouvants les uns que les autres;
Mais pourquoi attend-t-on toujours la disparition des êtres chers pour leur dire qu'on les admire et qu'on les aime ?

Hugues, lors de ta précédente ascension sur le K2, tu m'as dit un jour au téléphone :
" Plus je monte plus je suis heureux"
De là où tu reposes désormais, écoute tous ces messages poignants à ton intention :
"Pour toi, Hugues, ces quelques lignes poétiques écrites dans le chagrin de la disparition d'un être si EXCEPTIONNEL.
Je t’ai énormément apprécié.
Que dire de ceux qui te connaissaient tant….

De l’Everest au K2, tu as grimpé sans cesse
Pour vivre ta passion au rythme des saisons.
Tu as brisé la glace, sommet de tes passions,
Réalisant ton rêve mais nous laissant en reste.

Tu as vécu comme tu es parti :
En donnant sans compter pour tous tes amis.
Et ceux qui t’ont croisé ne pourront oublier
Ton regard, ton sourire, tes mots attentionnés.

Une pluie de larmes est tombée du K2,
Des larmes de tristesse à faire fondre la glace,
Des larmes d’Amour qui laisseront la trace
De tes pas qui trépassent aux sons de nos Adieux.
Hugues, merci pour tout, merci pour TOI".
François LE H.
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Si par ces quelques lignes la montagne qu'il a tant aimée nous apparait à tous, alors oui publiez le texte :
Je viens de découvrir votre blog . J'ai passé ma journée à le lire, à regarder ces images magnifiques, ces décors surréalistes et magistraux, celle de cette montagne sublime, tant aimée, tant haïe aussi, cette géante de notre Planète Terre que l'on appelle par ces deux signes - K2.
C'est avec une grande tristesse et plein d'émotion que j'ai appris la nouvelle. Un homme que je viens de connaître cette après-midi et qui paradoxalement me semble si proche a disparu, loin de nous en nous portant avec lui dans sa passion, dans son rêve d'enfant. Je dois le dire, sa mort me bouleverse. Dans ces lieux que représentent ces sommets inaccessibles, ces sommets qui défient l'imagination humaine, rares sont ceux qui osent braver de telles forces. Hugues faisait partie de ces hommes, de ces êtres au courage hors norme, de ces fous passionnés par les puissances et les beautés de ce monde, un homme exceptionnel. A 61 ans, l'âge ne comptait pas pour lui, il s'élance de toute son âme, de tout son corps vers cette forteresse blanche faite de rock et de neige. Les fatigues, les souffrances physiques, l'extrême rigueur de ces froids, sont tels qu'il nous est impossible d'imaginer ces sensations mêlées que ressent celui qui un jour décide de gravir la montagne. Au delà, des souffrances, c'est cette impression d'enivrement, de liberté aérienne et presque divine qui saisit le grimpeur. Le corps est en extase devant les panoramas grandioses et extraordinaires et les paysages que nous offre à contempler la montagne. Mais la montagne ne se laisse pas saisir, elle ne se laisse pas dévoiler, elle n'offre pas avec complaisance et facilité ses quelques images qui se gravent à jamais sur la rétine de celui qui l'a approchée. La montagne est dure, comme son corps, mais sa beauté n'a pas d'égal. Hugues a été heureux, ses derniers mots en témoignent, il a vu, approché, goûté, senti celle qu'il avait défiée par deux fois, mais comme jamais il ne l'avait fait auparavant. Et puis, Hugues fait partie de ces rares hommes "faiseur de rêves", un homme qui nous a fait rêver, qui nous a transporté avec lui dans ce monde qu'il aimait tellement, ces hauts, ces très hauts paradis blancs.
Pour cela je te dis MERCI HUGUES, MERCI A TOI. Repose en paix dans ce très Haut Paradis Blanc, Toutes mes pensées vont à vous Chère Madame, à votre famille, à ses amis. Christophe M. ____________________________________________________________
Vendredi dernier, à 15h28, Patrick Bézier du Groupe AUDIENS, a reçu un message vocal chargé d’émotion du haut du sommet, d’un homme qui a atteint son but.
"Je te suis très reconnaissant, je tenais à te remercier". Le son est inaudible. "Il fait un froid de canard (...)". Très essouflé, Hugues remercie Audiens de l'aide apportée pour son expédition. "Patrick un grand merci, j'ai trop froid, je suis trop heureux, merci". La communication s'arrête là.
Au nom d’Audiens, qui l’a soutenu lors de ses trois tentatives d’ascension du K2, dont la dernière lui a été fatale, Patrick Bézier et tous ceux qui ont connu Hugues souhaitent rendre hommage au courage et à la ténacité qu’il nous a donnés en accomplissant l’ascension du K2. Nous allons regretter un homme persévérant, économe et efficace, qui savait garder maîtrise et humanité en toute circonstance. Nous présentons à sa famille nos sincères condoléances ; Hugues était un élément d’une cordée qui va nous manquer.
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Hugues s’en est allé. Cette montagne qu’il aimait tant a voulu le garder pour elle toute seule.Que de merveilles tu as pu contempler du haut de ce sommet, si convoité et où il y a finalement peu d’élus. Tu as atteint ton but, mais à quel prix. J’ai lu toute cette aventure avec tant d’émotion qu’il en était difficile de retenir ses larmes. Merci Hugues de nous avoir fait partager ta passion, et de nous avoir permis de rêver. Je suis très fière de t’avoir connu et d’avoir pu parcourir un bout de chemin dans la même entreprise. Françoise G"
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Je pourrais vous parler d'Hugues pendant des heures, de sa générosité, de sa bonne humeur, de son professionnalisme... Il forçait l'admiration et les salariés d'Audiens qui le connaissaient sont très affectés par cette fin tragique - Karine Le H.
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Hugues était sans conteste un homme extraordinaire. Des tas de gens passent leur vie à se lamenter quant à ce qu'ils ne font pas. Des gens comme Hugues font certes se lamenter leurs proches quant à ce qu'ils font, mais au moins, vont au bout de leur rêve ou de leurs convictions, apprennent certaines valeurs aux générations qui les suivent, et forcent le respect. Comme l'a fait Frison-Roche, Hugues me rappelle que l'on est toujours sa propre limite, et qu'il est vain de chercher les causes "ailleurs" qu'en soi même. Il est un exemple de détermination. Celle-ci lui a tant coûté que mes propres doutes me semblent dérisoires. En la mémoire de gens comme Hugues, on devrait tous lutter au mépris de nos doutes. Vincent P. _____________________________________________________________
Hugues était un homme posé, un montagnard chevronné, conscient des risques qu’il prenait ; c’est sans doute moins l’exploit sportif, qu’une recherche d’une totale plénitude, de beaucoup de plaisirs, d’amitiés et de bonheur qui motivaient sa passion pour la montagne. II est allé jusqu’au bout. Il mérite notre hommage. Jean-Claude R.
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« Merci, Hughes, pour ta persévérance ... pour ta placidité devant des conditions contraires pendant tant de jours : Tu nous as réapris la patience, l'attente du moment opportun et simplement d'être à l'écoûte de ce qui nous entoure. Merci, Hughes, pour ton courage. Malgré les mots forcément limités, nous avons deviné combien ces 3 600 mètres abrupts ont été une souffrance à chaque pas. Merci, Hughes, de nous avoir montré la voie à suivre dans nos vies si similaires à tous : garder espoir, ne jamais baisser les bras, garder soif en la Vie jusqu’au bout de nos forces. Merci, Hughes, du bonheur que tu as donné à tous ceux qui sont incapables de faire le centième de ce que tu as fait cet été. Merci, Hughes, de l'exemple que tu auras donné à tous quelques soient leurs origines, leurs richesses ou leur pauvreté. Merci, Hughes, de tout simplement nous avoir montré que nous devons chaque jour monter .... une marche de plus.
Merci , Hughes, de nous avoir rappelé que c’est dans les descentes de toutes sortes que nous sommes les plus faibles et trop souvent seuls. Que ce que tu nous as donné te soit rendu au centuple. Tu es entré avec discrétion dans le cercle des plus grands Himalayistes Français ...
Repose en paix près des étoiles : ta vie n’a pas été vaine »
Hervé Pérouse
Il avait la sagesse d'un vrai montagnard , Famille M.
Du haut de cette montagne, le monde entier vous contemple.
J'étais loin de penser que cette petite phrase deviendrait une tragique réalité.
Dominique A.
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Adieu HUGHES, Depuis plusieurs années nous t’accompagnions modestement dans tes courses himalayennes, et aujourd’hui nous te rendons hommage pour ton courage et ta détermination.
Ton parcours d'alpiniste averti est prestigieux : Gasherbrun II, NangaParbat, Everest, et enfin le K2 que tu venais de vaincre après une troisième tentative.
Tu as été pendant toutes ces expéditions une source de courage et de rêve pour ceux qui t’entouraient et partageaient ta passion.
Tu as testé et confirmé pour nous quelques un de nos produits, et par pudeur et respect pour ton engagement nous n’avons que très peu communiqué sur ces résultats.
Je me souviendrais toujours de mon premier Mont Blanc à peau de phoque à tes côtés, et le souffle de liberté qu’il m’a apporté.
La montagne, ta chère Montagne t’a gardé et nous voilà orphelins.
Tu as su imposer ta détermination pour aller au bout de ta passion. Le k 2, la Montagne Mythique aura eu raison de celle-ci.Tes proches, malgré leur douleur immense, garderont de toi cette émotion positive que tu as su leur transmettre.
Adieu Hughes, à une prochaine randonnée près des étoiles... Nicolas F.
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Hugues,
Quelles belles larmes de bonheur quand tu as foulé ce Sommet tant désiré ! Il n'y a pas de mot pour exprimer la Joie ressentie à réaliser "enfin" son rève !
Laisse moi te réciter un poème qu'André Velter a écrit pour Chantal Mauduit :
Si le vaste
Sur le Toit du monde
ou l'on attend rien
du destin des hommes
et si vaste l'âme
des ciels, des sommets...
Tu as pris la pente
qui défit le temps
qui passe sans escale
toutes les latitudes.
Tu as mis le sens
très au dessus de Toi
pour que danser
soit un envol
et ta vie
une aventure d'étoile.
Tu as choisi de gagner
par la verticale ascendante
le troisième pôle
qui déboussole.

Maryse G. (sa compagne de cordée sur le Kun, Le gasherbrum 2 et l'Everest coté Tibétain....................)

(Chantal Mauduit, après avoir gravi 6 sommets de plus de 8000 m sans oxygène, et seule femme à avoir atteint le Lhotse (8383 m), disparaissait en 1998 au Dhaulagiri, ensevelie sous une avalanche la nuit dans sa tente, en compagnie de son ami sherpa, Ang Tshering.)

Pour Hugues, de la part de Gaël, l'un de ses neveux :

"allá donde estes, en la cima se esta maldita montaña que tanto querias, que descanses en paz con tus sueños. de un lado me das envidia porque ha podido cumplir unos de los tuyos, pero a al vez, me estás dando fuerzas para seguir cuidando de los míos, más de lo que lo debería hacer. mientras hablan de nosotros, no estamos realmente olbidados. no te digo adíos nunughes, pero hasta pronto, porque algún día nos encontraremos con todos los que echamos en falta....."

Hier, 4 Août, Nickolas Rice, l'ami d'Hugues, s'est dirigé très ému vers le "Gilkey Mémorial" (voir photos message du 13/07 au CB) pour déposer des plaques en mémoire de Hugues, Karim, Gerard, et Baig.

Hugues nous parlait très souvent de ce mémorial, allant s'y recueillir plusieurs fois lors de ses trois "séjours" au CB. Ce mémorial est un kairn constellé de plaques à la mémoire des 66 vies que la pyramide a déjà gardées; Depuis vendredi, onze nouvelles victimes s'ajoutent au lourd tribut de ce sombre K2, 3 Coréens, 2 Népalais, 2 Pakistanais, un Serbe, 1 Irlandais, 1 Norvégien et notre Hugues, qui était leur doyen !
Il semble désormais que triomphe et tragédie semblent se tenir main dans la main sur ce K2 !....
Les témoignages se multiplient, et avant de vous en faire partager de nombreux très émouvants, je commence par celui de son compagnon de cordée sur le Mont-Blanc, le Kilimandjaro, le Cotopaxi et Chimborazo en Equateur, l 'Ojos del Salado au Chili :
Mon Hugo,
"Et voilà, après toutes ces années de grande amitié, tu me quittes.
La montagne, ta chérie, a eu raison de toi et te garde près d'elle; tu me l'as fait connaître et aimer avec tellement de passion. A chacun de tes départs, je regrettais de ne pouvoir t'accompagner, mais je me sentais près de toi, car cela me rappelait tous les sommets que nous avions réussis ensemble.
Comment maintenant remplir ce vide, j'y arriverai peut-être en me disant que tu as réalisé ton rêve, et que tu es près de ce Dieu auquel tu ne croyais guère, mais que j'ai essayé de te faire connaître; tu me manques ..........
Philou V.

Ci-dessous le palmarès d'Hugues :
Mt BLANC (4 810 m) : 10 fois
Kilmandjaro (5 895 m) : 2 fois
Kun (7 035 m) Inde, Le 91ème sommet le plus haut de la terre
Cotoxapi (5 987 m) Ecuador
Chimborazo (6 310 m) Ecuador
Illizina Norte ( 5 126 m)
Ojos del salado (6 864 m) Chili
G II (8 035 m) Pakistan
Mustaghata (7 546 m) Chine
Everest (8 848 m) (south route) 17/05/2004 Népal
Nanga Parbat ( 8 125 m) (Kinshofer route) 2005 Pakistan,
................et de très nombreux sommets dans les Alpes.

Hugues m'ayant confié le soin de faire suivre ses expéditions depuis 2003, je vous communique le site de glenat presse sur lequel j'avais relaté son ascension de l'Everest par la face nord, en 2004: http://www.skipass.com/forums/enmontagne/direct/sujet-13235.0.html

Hugues m'avait demandé de remercier :

- La Sté IEC TELECOM qui lui a prêté un matériel « bgan immarsat » pour l’envoi des infos,
- La Sté Mille et un Repas et son dynamique patron Jean Frédérique Geollier qui a pris à sa charge le coût non négligeable des communications,

- La Sté STI Informatique et Nick Rice qui l’ont aidé à se servir de ce matériel compliqué car il reconnaît qu'il est plus à l’aise avec le matériel de montagne qu’avec les outils informatiques de transmission moderne.

- Le laboratoire SICOBEL.

de la part de Mine :

Gilles ,
C'est très beau ce que tu as écrit !
Tu es l'un de nos bons ""morceaux choisis" . Hugues vous aimait tous beaucoup ses neveux et nièces de coeur.
Merci de lui avoir rendu un hommage MALE.Il peut se définir comme cela ......aussi.

Mais tu le sais, le personnage était beaucoup plus complexe.
Les femmes "en vrai" comptaient énormément dans sa vie.
Il y avait en tout premier dans son coeur ses filles qu'il aimait passionément. (Le mot n'est pas trop fort!)
Julia, André et leurs deux adorables petits enfants,Camille et Augustin.
Qui va l'appeler "POPERE" là-haut?
Et sa Constance,il devait la conduire à l'autel fin Septembre pour la confier à ce Philou qu'elle aime. Il était si fier d'elle et si content de son bonheur !
Il n'avait aucune envie de les abandonner. Il se croyait simplement un peu trop fort, sinon il n'y serait pas retourné à cette belle montagne qui l'appellait.
Il repose en paix, c'est ce que l'on dit; mais que de regrets de ne pouvoir continuer à chérir ceux qu'il aime !!

Et puis du sommet de ses rêves la-haut à 8611m il m'a appelée et dit:

"Comme nous allons tous être heureux maintenant puisque je ne vous quitterai plus. C'est si beau ce coucher de soleil ,je te raconterai mais l'année prochaine on va tous en famille sur la plage.
Tendresses à tous."

Alors tu vois Gilles,toutes ces facettes coexistaient, et ceux qui restent et le pleurent aimaient les autres aussi.
Mon Nunugues,paix à ton âme. Mimine

P.S.
Merci à tous pour vos témoignages d'amitié , d'affection et de tendresses.

J'y suis extrèmement sensible, mais ne peux y répondre actuellement.
Mine

lundi 4 août 2008

"Hugues nous a tiré sa révérence tout seul , sans se soucier de personne, et il en avait le droit, avec beaucoup de panache et un peu de connerie , l'apanage de tous les mâles .....emporté dans les draps de la plus belle fille du monde. ....à ses yeux , la plus inaccessible , il a grimpé son sommet et a très probablement eu un incroyable plaisir sur sa plateforme sommitale , certes essoufflé ...............grand mélange incensé de douleur et de bonheur, et après .... il s'en est allé ....sans rien nous dire où il allait et sans rien nous demander ...
A 61 ans ll dispose de son corps à tout jamais dans les glaces éternelles , s' évite les affres de la vieillesse et la décrépitude qui l' accompagne , abandonne son cadavre ...intact ...aux yeux de personne , et finira son éternité dans les bras de celle qui
l 'a rendu dingue . Car on ne tente pas trois fois le K2 sans savoir qu'il te prendra...... La mort faisait partie de la course ...ou plutôt de la passe devrais je dire !!!
Cette montagne est une mante religieuse... Tout ça est très romanesque et très romantique aussi, tout comme le déroulement de ces dernières semaines , ce coup de théatre juste avant le dernier acte , avec cette fenêtre météo à travers laquelle il s'est jeté....
Alfred de Vigny disait dans la Mort du loup .«..... Savoir quitter la vie et tous ses maux C'est vous qui le savez sublimes animaux. A voir ce que l' on fut sur terre et ce qu'on laisse, seul le silence est grand, tout le reste est faiblesse ......»
Certains paradoxes chez Hugues faisaient sourire ... il était assureur et grimpait le K2 , on dirait du Desproges .... A l'âge de la sagesse , ll se tire comme un salaud , comme un héros .... Ce monde était devenu trop petit pour lui , il est monté sur son toît et a sauté dans l'éternité ..."
Gilles L.
Hugues et Karim ont disparu dans le bottleneck suite à la chute du sérac ............
Pemba, le sherpa des Hollandais redescendu le premier au camp 4, puis CAS après avoir réussi l'ascension ont confirmé à leur retour au camp de base la fin tragique d'une aventure qui aurait pu être exceptionnelle, magique, mais le K2 était le plus fort et en a décidé autrement.
(Cette information vient de m'être à l'instant confirmée par le Quai d'ORSAY)

MERCI Hugues de nous avoir fait rêver, vibrer, tu as été au bout de tes rêves;
Malgré toute la souffrance et l'immense chagrin que, malgré toi, toute ta famille et tes amis ressentent malheureusement à cause de ton choix et de cette passion inexplicable que tu ne pouvais contrôler, nous te savons désormais et pour toujours heureux avec ton K2 que tu emportes dans la sépulture que tu aurais choisie.
Nous te garderons toujours dans nos coeurs, et TOUS, autour de ta famille à qui nous pensons très fort, t'embrassons et te disons ADIEU ......................
Raphaële

Ses derniers mots au pied du bottleneck la veille de sa disparition à 19 H :
................J'aimerais que tout le monde puisse comtempler cet océan de montagnes et de glaciers, j' en ai bavé mais c'est trop beau. la nuit va être longue mais belle ...........

dimanche 3 août 2008

C'est avec beaucoup de plaisir que j'ai tenu ce blog depuis début Juin pour vous faire partager l'ascension d'Hugues sur le K2;
Tous les jours, après chaque message d'Hugues, souvent plusieurs dans la journée, je le réactualisais en vous faisant part de sa progression, de sa vie au CB, mais aussi de ses joies, de ses déceptions, de ses doutes, de ses espoirs, de ses pensées, des bons moments passés avec les autres expéditions, des moments de solitude où sa famille lui manquait terriblement, etc ............il pensait beaucoup à vous tous, l'éloignement lui pesait, mais sa passion pour la montagne le rendait heureux.
Aujourd'hui il m'est extrêmement pénible et douloureux de vous faire suivre avec une très vive émotion ce message reçu ce matin à 5h (9h au Pakistan) :

IMPORTANT MESSAGE FOR FRIENDS AND RELATIVES FROM HUGUES.
We have not heard or seen anything From HUGUES or KARIM.
.
IMPORTANT MESSAGE FOR FRIENDS AND RELATIVES FROM GERARD. We have not heard or seen anything from Gerard

Wilco a été retrouvé au C3, titubant, n'en pouvant plus , avec les pieds gelés, et redescend actuellement au CB avec Kas et Pemba venus à son secours.
Attendons son retour au CB, il aura certainement des informations à donner sur cet accident que je vous transmettrai immédiatement.
Trois porteurs pakistanais et un alpiniste américain sont partis à la rencontre de Marco Confortola pour tenter de l'aider à redescendre à une altitude accessible par hélicoptère. Selon Agostino Da Polenza, responsable du groupe Ev-K2-CNR, Confortola a dit que ses pieds étaient «en très mauvais état» mais qu'il avait apparemment sauvé ses mains. Confortola a été aperçu autour de 7000 mètres, une altitude trop dangereuse pour les hélicoptères. «Ses mouvements sont très lents en raison des gelures et il devrait atteindre bientôt le Camp 1, qui se trouve un peu au-dessus de 6000 mètres», a déclaré un responsable pakistanais, ajoutant que l'Italien souffre de profondes gelures aux pieds et aux mains.
Attendons leurs retours au CB pour avoir des informations que je vous transmettrai immédiatement.

samedi 2 août 2008

23h30 en France, 3h30 sur le K2 :
La situation reste toujours très inquiétante, Hugues n'est toujours pas localisé, ainsi que GérarDutch Wilco,Gerard l'Irlandais, le Norvégien Rolf Bae, un ou deux Coréens et des porteurs, dont Karim le porteur d'Hugues.
Un groupe de grimpeurs non identifiés serait encore dans le bottleneck, et passerait sa 3ème nuit à plus de 8000 m ...............
6 alpinistes sont arrivés à descendre sans corde le bottleneck ;
L'Italien Marco Confortola, blessé à la tête, est arrivé au camp 4 avec l'aide du sherpa Pemba; en effet, Pemba et Kas parvenus très difficilement au c4 après l'effondrement d'un sérac en haut du bottleneck et qui a arraché toutes les cordes fixes en fin de soirée, le surveillaient du C4 . Le voyant en difficulté , Pemba est remonté le chercher.
Les secours sont en route, avec un hélicoptère qui viendra chercher Marco demain au C3 de la voie Cezen.
Un alpiniste avec une combinaison orange aurait été aperçu ce soir du camp de base, il descendrait très doucement du C4 au C3.
Kas et Pemba descendent actuellement à sa rencontre pour le secourir, connaître son identité et avoir des informations.
Une seconde nuit à cette altitude ne laisse pas beaucoup d'espoir, mais toutes les expéditions au camp de base font leur maximum pour retrouver Hugues et les autres grimpeurs.
Ce n'est pas facile pour moi de vous écrire ces nouvelles très inquiétantes, et c'est avec beaucoup d'émotion que j'essaie de vous donner toutes les dernières informations de ce drame qui touche plusieurs équipes.
La radio Hollandaise et les Norvégiens doivent me recontacter demain matin du camp de base.
A demain, je vous embrasse tous
Raphaële
23h45 - 3h 45 k2 time :
Voici les dernières nouvelles concernant la position de :
The latest weatherinformation was send to Rescue coordination in K2BC. Winds will stay moderate.
ROELAND: in K2BC
CAS en PEMBA: (rescueteam, now from C4 to C3)
WILCO: We are still searching for him.
MARCO: was found and brought to C4. He is in C4 with oxygen and medicins. He goes down with the HAPs tomorrow.
MARK: he is safe in C2 from Abruzzi.
JELLE: is safe in BCK2
NICK RiCE: safe in BCK2
GERARD: unknown
HUGUES: unknown (inconnu)
Karim : unknown
Cecilie: came down to C4 and is descending
Rolf: unknown
Grosse inquiétude sur le K2 :

Vendredi 21 : 30 Radio Hollandaise :
Wilco est arrivé au sommet quand les 2 Norvégiens commençaient de redescendre.
Hughes était au sommet avant le groupe de Wilco et a commencé à redescendre avant celui-ci avec Karim derrière CAS.
0:00 Radio Hollandaise : Gros problème au K2.
La chute d'un immense sérac, soit un énorme bloc de glace accroché aux pentes abruptes a balayé les cordes fixes qui permettaient aux alpinistes de traverser le « bottleneck ; une grande partie des grimpeurs (estimation de 12) qui descendaient se sont retrouvés bloqués.
CAS et Pemba sont sains et saufs au C4
Une opération de secours est en train d'être mise en place avec 6 grimpeurs qui amènent toutes les cordes possibles. Une partie de la voie n'est point visible du BC et rend donc les contacts Radio très diffficiles.
La situation serait la suivante : 5 grimpeurs descendent la traversée et deux le bottleneck. Pemba et deux américains montent à leur rencontre. Wilco et Marco sont à 8 300 m .
Hugues, Gérard et Karim : situation non connue
Heureusement d'autres équipes qui partaient du C4 pour le sommet vont donc pouvoir apporter leur aide à ceux qui sont bloqués, le temps reste très beau avec toutefois un peu plus de vent ... Il est donc probable que ceux qui sont partis vers le bottleneck pourront tous les sortir d'affaires : question de temps................. avant que le froid et la raréfaction de l'oxygène ne fassent leur travail.
Le site EXPLOREWEB a demandé à THURAYA les positions des 5 derniers appels via tel satellitaire de Wilco et de Gérard (pour les positionner)
Cela justifie toutes mes remarques concernant l'arrêt des SMS pour la sécurité d'Hughes en lui épargnant ses batteries ....
Je reste néanmoins un peu optimiste car Mark Sheen, Pemba et deux Américains sont partis du C4 au bottleneck .......... le temps est très beau donc peu de risques de désorientation.
Par contre, le froid de la nuit à plus de 8 000 m et la fatigue sont des facteurs négatifs bien sûr ....
Radio Hollandaise à 8h 10 :
- Ils voient 6 grimpeurs dans le bottleneck et 2 qui montent.
- Gerard Mc Donnell - l'Irlandais - avait donné son tel sat à Pemba ... ce qui explique que sa famille n'ait point de nouvelles. Attention le topo de la voie ne permet pas de visualiser tous les grimpeurs. En tous les cas, les secours avancent pour ré-équiper le bottleneck.
La chance est de leur côté avec un temps favorable ...
C'est angoissant, mais l'équipe de secours a l'air d'être assez proche, le professionnalisme de Maarten est très impressionnant pour la coordination des secours, et surtout la météo est bonne ....
De l'épaule (8000m) au sommet (8611 m) le 1er Août 2008
http://www.youtube.com/watch?v=NULhqMVM1Xc&NR=1

vendredi 1 août 2008

1er Août 2008 à 15h30
(19h 30 sur le K2)
Hugues à 8 611 m


Bravo Hugues,

Très émus, nous sommes tous très fiers de toi, bon courage pour redescendre !

Merci de ne pas adresser de SMS jusqu'au CB
Message du team NoritK2 :
Il est très tard au K2. Nous l'avons dit avant et le répètons: c'est maintenant que la partie la plus difficile commence. Le sommet n'est que la moitié du chemin. Nous - au K2BC Hollande - ne commencerons la fête que lorsqu'ils arriveront sains et sauf au C4.C'était la troisième tentative pour Wilco, la seconde pour Cas, Gerard est devenu le premier Irlandais au sommet et la première pour Pemba également. ...et la 3ème tentative pour Hugues.
15H20 : Ci-dessus les voies possibles du k2 pour vous faire patienter avant l'arrivée d'Hugues à 8611 m , et quelques statistiques :
http://www.adventurestats.com/tables/k2.shtml
http://www.adventurestats.com/tables/k2routes.shtml

Hugues est à 400 mètres du sommet ! .........

Par radio avec Roeland (team Norit ) au CB : la communication de NORIT date de 32 minutes ....C'est donc presque en temps réel.
Ils sont environ 20 alpinistes à s'approcher du K2, il leur reste seulement 400 mètres jusqu'au sommet !
Un espagnol est devant, suivi par les Norvégiens, puis Cas, suivi d'Hugues et Karim, les Serbes et les Coréens, 2 Italiens dont Marco Confortola, Gérard l'Irlandais, Wilco et le sherpa Pemba. Le temps est exceptionnel, sans vent;
Selon mounteverest.net qui semble très informé grâce au webmaster de Norit , les arrivées au sommet auront lieu entre 15:30 et 17 H .....
Il ne lui reste que 400 m jusqu'au sommet (en distance) ... Le premier vainqueur était arrivé à plus de 18 H local et cela n'avait pas été un vrai problème. Le temps est parfait. L'éclipse est terminée ... Ce ne sera donc qu'une question de concentration et de sagesse pour la descente.
Alors encore un peu de patience, et à tout à l'heure ...................


jeudi 31 juillet 2008

Demain, Vendredi 1er Août sera une tentative très particulière pour atteindre le sommet . En effet, au moment où Hughes et d'autres essayeront d'atteindre le sommet, une éclipse totale solaire est prévue au nord du K2. le K2 - plus au Sud - devrait subir une éclipse solaire de 73 %. Compte tenu de la météo et de l'ensoleillement, aucun effet n'est à prévoir pour ceux qui tenteront le sommet. Ils ne percevront qu'une diminution de la luminosité (ce qui ne peut sans doute que les favoriser ?)

Pour votre information, la carte ci-dessous montre les effets de l'éclipse, et les effets d'ombre sur les différentes situations géographiques.



Message d'Hervé P., Ce soir à 22H, je penserai à Hughes car il sera 2H au C4 ....


Vraiment, il emmène mes rêves, et des efforts communs mais si TRES DIFFERENTS ... Chaque vie est UNIQUE et se surpasser est digne des hommes aux cœurs les plus grands. Je suis très soulagé de savoir que NORIK est au C4 aussi, car ce serait une erreur que d'attendre Nick Rice ... Toutes les erreurs au K2 ont été d'hésiter, tergiverser ou d'attendre ... la Météo semble bonne, le vent très très faible : Hughes - si il en a la force - a une superbe occasion . Mais c'est le corps qui dispose ... et pour moi: tous les pas qu'il fera désormais sont un exemple pour tous !!!! Le Bottleneck - selon mes connaissances - est très pentu .. mais il n'y a jamais eu d'accident à cause des séracs ... Tous ceux qui l'ont franchi sont arrivés au sommet car après la pente est plus douce : 40° et un peu plus ... Le sommet et son approche sont conformes au film de Karl ci-dessous http://www.youtube.com/watch?v=qjaV4ejbOCo, sans grands dangers pour un grimpeur comme Hugues, et la plateforme sommitale est assez grande, plus qu'à l'Everest .Essayez de dormir dans la confiance car la météo est très bonne et Hughes un homme de 61 ans sage et expérimenté (en plus il est visiblement très bien acclimaté et ses propos sont très raisonnés ce qui n'est guère évident à ces altitudes sans O2)


Bonne nuit à tous, Hugues est sur les pentes, des pentes douces menant au début du bottleneck, avec ses porteurs Karim et Beig, les Hollandais (team de Wilco-NoritK2) les Italiens : Marco Confortola et Roberto Manni, et les Coréens , les Serbes , les Norvégiens et les Américains arrivés par la voie des Abruzzes,


Dois-je vous rappeler une nouvelle fois qu'aucun S.M.S. ne doit parvenir à Hugues avant son retour au camp de Base ? MERCI pour lui.

Malgré mes nombreux rappels pour ne plus envoyer de S.M.S. à Hugues, son téléphone n'arrête pas de sonner !
Ceux qui n'ont pas encore compris, sont complètement inconscients, Hugues n'a plus de batterie sur l'un de ses portables, heureusement il lui en reste une sur l'autre portable qui lui est indispensable pour d'éventuels secours, et communiquer avec les autres équipes.
Vos S.M.S. lui "bouffent ses batteries, et en plus il ne lit pas vos messages !
MERCI de bien vouloir respecter sa sécurité !!!!!!_________________________________________________

La journée d'hier avait commencé par un vrai bonheur, c'était somptueux, somptueux !La veille au C3, on avait fait une très belle plate-forme, bien plate (parfait pour mon dos) pour planter notre tente où j'ai dormi comme un loir, après s'être couché à 18 H; Le lendemain, un temps époustouflant, magnifique, superbe !
J'ai commencé à être un peu inquiet, car mes porteurs marchent un peu trop lentement, c'est moi qui fais la trace tout le temps, je suis un peu déçu, c'est vrai aussi qu'ils portent de lourdes charges.
L'autre déception également fut de ne pas voir arriver vers 16 h l'équipe de Wilco, (en fait ils attendaient ceux des Abruzzes coincés au C2 par le vent).
Hier, on avait décidé de monter 400-500 mètres, Karim étant persuadé qu'on trouverait sans problème une place pour la tente; et bien non, on n'en a pas trouvé avant 7600 m, le temps a passé, il y avait une bise épouvantable, un froid glacial, nous étions gelés. On a finalement planté notre tente complètement tordue en pente où nous n'avons pas dormi de la nuit, nous étions pratiquement assis, les pieds dans le vide ............mais ce n'est pas grave.

Ce matin, nous sommes partis sous un temps somptueux, nous sommes les premiers à être arrivés sur l'épaule,

Non seulement il faut faire la trace, mais il faut retrouver les vieilles cordes de l'année dernière, car il manque les 300 derniers mètres pour équiper le bottleneck, je me tape tout, mais les sacs sont moins lourds et je suis en forme.

Je te téléphone assis, le paysage au pied du bottleneck est somptueux, presque à 360°, seul le K2 nous cache une petite partie, il n'y a pas un pet de vent!
En regardant plus bas, j'aperçois une quinzaine de grimpeurs qui arrivent ........
Le K2 est devant moi , toujours aussi majestueux, la vue est somptueuse .......
Normalement, c'est cette nuit que ça va se passer, les conditions sont optimales .......
La température est actuellement de moins 17°, demain elle devrait être de - 20° environ, avec un vent inférieur à 10 km/h. Le temps ne se dégradera pas avant dimanche, ce qui lui laisse le temps de redescendre t r a n q u i l l e m e n t !
Gros bisous à tous

Regardez cette vidéo sur le bottleneck, c'est impressionnant, mais magnifique : http://www.youtube.com/watch?v=qjaV4ejbOCo

Message reçu à l'instant 15h , (19h sur le K2)

"J'aimerais que tout le monde puisse comtempler cet océan de montagnes et de glaciers. J' en ai bavé mais c'est trop beau.

la nuit va être longue mais belle ...................."

mercredi 30 juillet 2008

15h39 en France, 19h39 sur le K2 :
On vient juste d'arriver au C4 (7 800 m), je suis frigorifié, on a mis beaucoup de temps parce que c'était impossible de planter notre tente plus tôt.On est presque à l'épaule, c'est complètement ridicule, mais on ne pouvait pas faire autrement.
On a eu énormément de vent, trop de vent, j'ai très très froid aux pieds, je n'en peux plus ....
Il faisait très beau temps, mais beaucoup, beaucoup de vent depuis 2 heures ....
J'ai les pieds gelés, je vais essayer de me réchauffer, impossible de trouver une place pour mettre la tente, j'essaierai de rappeler, dit-il d'une voix fatiguée et essoufflée, ce qui se comprend à 7800 m environ.

Cette vidéo de Wilco (noritK2.nl) pour comprendre l'extrême dificulté de cette ascension :

Pemba, Gérard, Wilco pour rejoindre le C4 sur la voie Cezen aujourd'hui (photo NoritK2.nl)

Malgré un vent très violent sur voie des Abruzzes, L'Italien Marco Confortola est arrivé au C3 en début d'après-midi.

Pour vous rapprocher du K2 : http://www.youtube.com/watch?v=IUO0XhX2yPo
En attendant des nouvelles de 7 600 m environ .............. (les minutes sont longues, lorsqu'on attend des news).Par l'intermédiaire du blog avant-hier (28/07), Hugues adressait un petit message à l'un de ses amis Hervé P. qui lui répond aujourd'hui :
"Le petit mot d'hier de la part d' Hugues m'a vraiment touché ....
Ma maladie fait que marcher plus de 300 mètres sur un terrain plat doit être équivalent à l'effort de monter au C2 !
A chacun son K2 ou son Everest .... C'est le sens des SMS envoyés à Hughes : il emmène avec lui les rêves inaccessibles de tant d'invalides .... et ces derniers pensent à lui plus que tous les autres.
J'avoue être toujours ébahi de voir cette santé ! à 61 ans se lancer à l'assaut du K2 : faut le faire ! Connaissant Hugues, je sais qu'il évitera les dangers objectifs tant à la montée qu'à la descente.
Mon rêve inaccessible était d'aller au BC de l'Everest dont je connais, par les livres, photos, etc, tous les recoins ! comme le K2 !
(Mais c'est IMPOSSIBLE n'ayant plus qu'un litre et demie de capacité pulmonaire)
En tous les cas, j'ai une admiration absolue pour ce qu' hugues a déjà accompli et cette troisième tentative ...
Il me fait rêver et oublier beaucoup de souffrances .... La chance a voulu cette année que je puisse retrouver le blog .
Dîtes lui que je prie les Dieux des montagnes de le préserver et que chaque pas le menant là haut est un succès ... le Sommet n'est pas toujours le but; l'important n'est-il pas d'aller jusqu'où nos pas peuvent nous porter ?

mardi 29 juillet 2008

S.V.P. Plus de SMS comme Hugues vous l'a déjà demandé, ça lui décharge ses batteries dont il a besoin jusqu'à son retour au CB. Merci pour lui -

Avec Karim et Baig, nous sommes partis ce matin du C2 (6300 m) pour arriver 5H30 plus tard au C3 à 7000 m. Il ne faisait pas très beau, pas trop mauvais non plus, mais avec un peu de vent. C'était bien plus fatiguant qu'hier, les pentes sont vraiment très raides. Nick devrait nous rejoindre cette après-midi, les Hollandais étant restés au C2.


Photo : Hugues au C3

Je viens d'être informée par radio que les Serbes qui montent par la voie des Abruzzes ont dû rester au C2, car il y a beaucoup, beaucoup de vent à 40km/h, celui-ci devant descendre à 15km/h demain. La météo s'annonce excellente jusqu'au 3 Août, ce qui est bien sûr indispensable pour atteindre le K2, mais également pour redescendre .................

les 5 Serbes sur la voie des Abruzzes :

Ca nous ennuie un peu, car on va être obligé de les attendre un jour pour se retrouver ensemble sur l'épaule le 31 Juillet, et équiper tous ensemble le bottleneck. Mais comme la route est très longue entre le C3 et l'épaule,près de 1000 m de dénivelé, Karim me propose de monter 500 ou 600 mètres demain et de planter une tente vers 7 600m pour aller coucher là-haut, ce qui n'est effectivement pas une mauvaise idée.

Tout va bien, j'étais crevé en arrivant, mais ça n'a pas duré, je récupère assez vite, sans doute bien acclimaté maintenant. Mais ce n'est pas facile à 7000 m, l'altitude se ressent, le manque d'oxygène aussi, j'ai compté chaque pas, chaque pas en montant, en pensant à 1000 choses. Gros bisous à tous .

lundi 28 juillet 2008


J'ai mis 7 heures pour arriver au C2 (6300m), soit une heure de moins que la dernière fois, avec une bien meilleure forme. Arrivé à midi, Nick à 13h30, on a pris le temps de se reposer un peu, on a eu très beau temps, mais il y a du vent au C2;
Vue somptueuse du C2

la météo a l'air de se confirmer bonne pour le 31 Juillet.
Demain matin, nous partirons vers 7 h pour le C3 (7000m)

Pour le moment nous sommes tous les 4 dans ma tente, avec Nick et mes 2 porteurs : Karim et Baig. Nick dormira dans ma tente ce soir, les porteurs dormant eux dans la tente de Nick un peu plus petite .

Je suis très content, d'abord je suis beaucoup moins essouflé, les pentes étaient toujours aussi raides , mais ça s'est mieux passé;

Bien meilleure montée, tout va bien, gros bisous

P.S. Il y a longtemps que la voix d'Hugues n'a pas été aussi calme, détendue, et pas essoufflée.
Les 5 Hollandais sont arrivés également au C2 par la voie CESEN comme Hugues;


Gérard,Jell et Wilco (photo NoritK2) ce matin avant le C2.

Je vous propose de regarder les 5 vidéos de Wilco sur la voie Cesen (Norit K2 expédition), c'est impressionnant :

Les Serbes sont également arrivés au C2 de la voie des Abbruzzes :
http://www.vojvodineanexpedition.net/index.php/K2-2008.-Video-zapisi/penjanje.php4

P.S. Message à l'intention de Hervé P.
En montant j'ai beaucoup pensé à un ancien ami, Hervé P. , qui m'a envoyé de nombreux mails très très sympathiques, j'ai beaucoup réfléchi et pensé à ce qu'il m'a dit dans son dernier mail notamment sur les invalides.

dimanche 27 juillet 2008

20 h : la veille d'une ascension est toujours un grand moment de réflexion et de méditation,


Hugues se dit très tendu ce soir, et écrit :
"les dés sont jetés, on verra bien, mais ce n'est pas facile à 61 ans ! "

Bon vent, et bon courage Hugues, nous sommes tous derrière toi .........


Il a neigé cette nuit mais à 8h, c’est enfin un beau soleil qui se montre enfin et me permet de:
- Sortir les panneaux solaires pour recharger les batteries du téléphone, caméras, bgan…
- prendre une bonne douche et faire une lessive,
- aérer le sleeping bag.
Vers 6h, j’ai entendu passer ceux qui partaient au C1 des Abruzzes en pensant que demain matin à 5h, ce sera à mon tour d’aller affronter la raideur des pentes jusqu’au C2.
Et puis, vérification générale avec Karim et Baig du matériel, et de tout ce que nous allons mettre dans nos sacs. Il m’a bien fallu une bonne heure pour la pharmacie car il est large l’éventail des risques et chaque gramme compte. J’attends Shaem B pour montrer à Baig le fonctionnement de l’oxygène et notamment le réglage du débit.
Midi, le soleil joue à cache cache avec les nuages mais ces derniers semblent vouloir gagner. Pas sûr que mon linge soit sec ce soir?
La tension monte tranquillement ;
Je vais après le lunch me plonger dans un livre tout en écoutant de la musique.

Départ ce matin 27/07 pour le C1 des Abruzzes,des nationalités suivantes :


3 Serbes + 3 porteurs d’altitude dont Shaem B.,
3 ou 4 Coréens avec 3 sherpas,
2 Italiens dont Marco Confortola et 3 sherpas,
4 ou 5 Américains avec 1 sherpa
Peter l’Allemand avec 1 porteur
4 Norvégiens,
dont Rolf et Cécilie SKOG, jeunes mariés (ci-dessous)

Départ demain matin 28/07 pour le C2 de la voie Cesen :

Hugues, Karim et Baig
4 Hollandais+ leur sherpa Pemba,

Josélito le Serbe,
Thomas l’Autrichien,
Nick l'Américain,

Encore un peu de neige aujourd'hui, et du vent ................le temps devrait s'arranger lundi après-midi ............ En suivant les rapports conflictuels qu’entretient Hugues avec la méteo, lequel des deux va céder le premier ?


A la demande d'Hugues, merci de ne plus lui envoyer de SMS jusqu'à son retour au camp de base, privilégiant son téléphone aux messages météo, à sa très proche famille et aux éventuels secours.

samedi 26 juillet 2008


Nick, Hugues + 2 porteurs - Wilko, Shaem B, Hugues + 2 italiens
Toujours mauvais temps ce matin avec froid et vent mais pas de neige. Mais où est donc allé se cacher le soleil qu’on nous avait encore promis ce matin ? Et pourtant, le ciel était dégagé hier à partir de 18h alors qu’il devait être nuageux ! Tout le contraire des prévisions et c’est vraiment pas bon pour mes rhumatismes qui me réclament un peu de chaleur… Et pourtant, on s’accroche aux prévisions qui continuent de nous annoncer une fenêtre avec des summit days les 31/07 et 1/08.


Les photographes pendant le meeting,Marco devant à gauche (bonnet jaune)
Le grand meeting a duré 45mn et nous avons arrêté le 31/07 pour le summit day du 1er groupe. Les Coréens, Américains et Serbes sont trop nombreux pour monter le même jour et prévoient donc 2 rotations. On peut espérer moins de chutes de pierres surtout pour les Abruzzes.

Photo : leader des USA + Robert Goh le singapour leader - 2 Serbes et Hugues -
Par la Cezen, il y aura 4 Hollandais+ leur sherpa Pemba, Josélito le Serbe, Thomas l’Autrichien, Nick, Karim, Baig et moi-même. Départ le 28 pour C2, le 29 C3, le 30 C4 et top le 31/07. INCH ALLAH
Par les Abruzzes, 3 Serbes + 3 porteurs d’altitude dont Shaem B., 3 ou 4 Coréens avec 3 sherpas, 2 Italiens avec 3 sherpas, Peter l’Allemand avec 1 porteur et 4 ou 5 Américains avec 1 sherpa. Départ le 27 pour C1, le 28 pour C2, le 29 pourC3, le 30 pour C4 où nous nous retrouvons et top le 31/07. INCH ALLAH

Voie Cesen en rouge - voie des Abruzzes en jaune -
Le rôle de chacun est bien défini à partir du C4. Pour mon team, Karim partira avec le groupe de tête à minuit pour aider à équiper une partie du bottleneck. Baig m’accompagnera à 2h.

Mais tout cela reste soumis aux caprices du ciel. Hier soir vers 21h, j’avais 1 confirmation pour les 31 & 1er, ce matin, visite de Wilco qui m’annonce que la fenêtre semble se décaler d’un jour ? Je vais donc attendre avec l’impatience que vous devinez la prévision de 16h !...
Merci pour vos sms où l’un me sent « bouillant d’impatience » et sort déjà de bonnes bouteilles que l’on ne boira pas K2, un autre me trouve « têtu », beaucoup me souhaite de réaliser mon rêve, certains me demandent de redescendre des pierres du sommet ou du bottleneck , mon dentiste me réclame 1 photo de mes dents au top, PAG me détaille le lapin qu’il a savouré mais personne ne s’inquiète de cette petite boule qui s’installe au fond de moi, le « même pas peur » qu’avait dit tout fort en dormant un ami, quelques heures avant de partir en peau de phoque pour le beau mais pentu sommet de La grande Casse.
Et pourtant, plus ça se rapproche, plus la tension monte. Il va falloir mesurer chaque pas, doser ses efforts et sa respiration, se réveiller dans une tente où la condensation glacée de la respiration nocturne va nous assaillir dès la sortie du duvet et au moindre mouvement, passer 1 h à faire fondre de la neige pour avoir un peu d’eau chaude, se forcer à avaler de la soupe ou de la purée….
C’est bon, j’arrête, je suis venu parce que je le voulais vraiment et j’essaierai peut-être un jour de me déshabiller en vous expliquant ce qui me pousse à vouloir monter là-haut !
Dans tous les cas, il faudra interrompre les envois de sms pendant la tentative car je souhaite réserver mes batteries (qui se déchargent très vite avec le froid) pour d’éventuels besoins de secours et pour donner qques news.
Nick et moi sommes invités à déjeuner par ses amis Mexicains & Espagnols à déjeuner au BP BC. C’est bien pour nous bouger car l’acclimatement commence à diminuer et puis ça va nous changer les idées.

Photo : Après le meeting , Hugues 3 ème sur la gauche derrière, avec un bonnet bleu-marine.

Sur la vidéo suivante, vous pouvez apercevoir Hugues au fond à la 19ème seconde : http://www.vojvodineanexpedition.net/index.php/K2-2008.-Video-zapisi/sastanak.php4

vendredi 25 juillet 2008

BC

Hugues et Shaem Baig devant le K2 ce matin 25 Juillet

Il devait faire beau hier matin et aujourd’hui et bien c’est raté, la météo n’est pas une science toujours très précise. Quelques rares rayons de soleil et éclaircies nous ont permis d’apercevoir le sommet du K2 qui se cachait depuis au moins 15 jours mais ça n’a pas duré. La dernière fois que je l’ai aperçu, c’était lors de la nuit de la pleine lune, le 18 sauf erreur. (photo de Wilco - NoritK2)

Je suis parti ce matin avec les Serbes marcher 2h au pied du K2 et dans un recoin bien abrité, j’ai trouvé des petites fleurs et de la mousse!..... Nous nous sommes presque agenouillés pour contempler cette découverte.
Mon ami Italien Danièlé et 3 Espagnols sont venus du Broad Peak BC nous rendre visite (et probablement aussi pour glaner quelques infos météo). Nous les avons retenus pour le lunch et notre cook a ajouté un paquet de nouille. Cela occupe, fait passer le temps plus vite et oublier la longue attente du bulletin météo qui a du retard aujourd’hui. J’espère cependant l’avoir avant notre réunion de 17h ?


Hugues avec le président du Club alpin Serbe (en bleu) Shaem B (en noir) et un officier de liaison lors de leur balade de ce matin


17 H : Très bonne réunion et top le 31 si la météo reste bonne. départ le 28 au C2, le 29 au C3, le 30 au C4.

Inch allah !.............................



Meeting de cette après-midi - (photo de Wilco) Hugues avant-dernier au fond à gauche -

jeudi 24 juillet 2008


Hugues en haut à droite, Karim et Beig devant à gauche et à droite

Nouveau réveil dans le froid et sous la neige. Après moult hésitations depuis 3 jours et ce serait trop long de les résumer, les 3 Français (Christian, Yannick et Patrick) ont décidé hier soir de repartir en France. Accompagnés du journaliste François Carrel, ils nous quittent vers 10h et, comme Qudrat, s’en vont sous les flocons. Avec Nick, Quarim, Baig, le cook et l’help-cook, on déménage et réorganise la tente messe en utilisant une table pour les repas et une pour nos ordinateurs et divers très nombreux matériels tels que caméras, appareil photo, téléphone satellitaire, Bgan, appareils pour recharger tous ces matériels soit avec des panneaux solaires, soit avec le générateur (et bien sûr, pas de standardisation)


Karim et Beig après avoir déplacé la tente de Nick qui glissait sur le glacier - Le cook -

la tente Mess -
A peine installés, nous avons la visite de l’expé Broad Peak de Serge Civera, car l’un des 4 Français a besoin de consulter un docteur. Je l’emmène voir Eric l’Américain qui le met sous antibiotique pour une infection pulmonaire et lui recommande beaucoup de repos. Pas de chance pour ce team dont l’un des membres a déjà été rapatrié par hélico la semaine dernière.

Photo : Hugues et Serge Civera à midi.

Vais-je vous parler de météo ? On tremble toujours mais on commence à y croire car les prévisions reçues hier se confirment today ! Wait and see, il reste 4/5 jours avant l’ouverture de la fenêtre et demain, après-demain …. sont d’autres jours.
On s’occupe cependant à nous préparer et j’ai même aiguisé mes crampons
.
14h : Sans doute 1 fenêtre dans 4/5 jours ?
Avant de me lancer dans cette ultime tentative, un grand merci pour les messages d'encouragement bien reçus à 5000m. Avec la météo pourrie, j'en avais bien besoin.
Promis, je fais le maximum, surtout dans la prudence.
Bisous

Ci-dessous vidéo prise par les Hollandais au CB en attendant une meilleure météo :

mercredi 23 juillet 2008

CB


La réunion avec les autres expés n’a pas été longue car nous sommes tous d’accord pour nous coordonner de façon à nous rejoindre le même jour à l’épaule soit vers 8000m pour attaquer ensemble les plus difficiles derniers 611m. Ceux des Abruzzes doivent partir un jour avant ceux de la Cezen car ils ont un camp de plus, notre C1 étant supprimé.
Il reste à s’entendre sur le summit day pour définir le jour du départ du BC mais pour cela, j’ai proposé de nous revoir le 25, car j’ai tellement subi de changement rapide de météo que je préfère attendre la confirmation de la super fenêtre qui devrait s’ouvrir vers la fin du mois mais dans tous les cas après le 28/07, date à laquelle Qudrat devait impérativement partir pour rejoindre une expé qu’il doit emmener sur un 6000m.
Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, il se trouve que l’expé des 2 singapouriens à « viré » hier matin leurs 3 high altitude porters Pakistanais (dont Merherban shah qui était mon porteur au G2 en 1999) car ils refusaient de porter de lourdes charges au C3 en raison des mauvaises et dangereuses conditions météo.
Qudrat les connaissant bien a récupéré le meilleur pour le remplacer. C’est donc le jeune Baig qui m’accompagnera avec Karim.

Qudrat-Hugues-Karim à droite - Baig en bas à droite -

Pour éviter à Qudrat de rester au BC pendant encore une semaine de mauvais temps, je l’ai laissé partir ce matin avec les 2 porteurs « virés »

Départ sous la neige ce matin à 9 H de Qudrat (en jaune)

Merci à tous ceux qui m’ont adressé des messages ces derniers jours, car cela occupe l’esprit dans ces périodes difficiles. Enormes baisers à vous tous

mardi 22 juillet 2008

Tout était organisé pour mon départ du camp de base, les porteurs, l’AR au C3 demain, l’avancement du billet d’avion et coup de théâtre hier soir à 17h.
On devait me prévenir si par miracle, une fenêtre météo devait s’annoncer avant le 4/08.
Je n’y croyais plus mais, pour ne rien regretter, j’ai passé un dernier coup de fil pour apprendre qu’il y avait un changement radical et inimaginable la veille dans la direction et la force des vents et qu’il y aurait probablement une ouverture à partir du 29 / 07 ?....

J’ai couru chez les Serbes, les Hollandais, les Coréens et l’info semblait se confirmer.
Branle bas de combat, j’annule tout et décide d’attendre 2 jours pour voir comment va évoluer cet espoir de window ?
Cela fait plus d’un mois que nous attendons, alors, pourquoi pas 2 ou 3 jours de plus ? Mais ce n’est pas tout simple car Qudrat doit être impérativement le 1er à Skardu et ne peut donc m’accompagner, les porteurs commandés vont arriver, et quid pour mon vol avancé ?
Mais après 3 ans de tentative, ça vaut le coup de chercher des solutions pour ne rien regretter.
Grande réunion ce soir à 17h avec différentes expés pour coordonner nos prévisions et plans.
Dans tous les cas, le temps de la semaine s’annonce détestable et d’ici le 29, la neige va s’accumuler et rendre la trace difficile ; il va donc falloir bien s’entendre pour se retrouver nombreux à l’épaule et équiper tous ensemble le bottleneck.
le passage du Bottle Neck, le "Goulot de la Bouteille", vers 8 200 m, avec des pentes à plus de 80°, est un étroit couloir menacé dans sa partie supérieure par un énorme sérac, avant de rejoindre le plateau sommital


La voie Cesen rejoint la voie des Abruzzes sur l'épaule vers 7 900 m.
Nous n’en sommes pas là, alors la suite au prochain numéro.
P.S. Ci-dessous photos de Karim et Nick pendant une fête organisée par les Pakistanais.

P.S. La majorité des photos de ce blog sont prises par Hugues, d'autres par Nick Rice, et certaines par les Hollandais qui tentent également l'ascension du K2 par la Cesen road.(http://www.noritk2.nl/

lundi 21 juillet 2008

CB

Tout avait pourtant très bien commencé et l’acclimatement avait été rapide grâce au beau temps du début. Après 3 passages au C3 à 7000m, mes globules rouges se sont multipliés et réclamaient le sommet.
Et bien, ils sont bien déçus aujourd’hui car pas de fenêtre pour monter avant ma deadline !....
Le ciel ne le veut pas et ce long mois au dessus de 5000m ne me permettra pas de réaliser le rêve que je poursuivais depuis 3 ans.
Certes, j’ai eu le grand bonheur le 17 mai 2004 d’être le 51ème Français en 51 ans en haut des 8848m de l’Everest

Mais voilà, cette superbe pyramide du K2 me fascinait depuis mon passage en 1999 à Concordia . Inutile de ruminer et de rester plus longtemps dans le froid et sous la neige, je ne suis pas d’ici et il faut que j’organise mon retour. Il va falloir démonter les camps 2 & 3, tout redescendre et commander les porteurs.

dimanche 20 juillet 2008

BC le 20/07/08 : Neige cette nuit, neige froid et vent ce matin :


Dure confrontation des météo mais malheureusement, la fenêtre n’est pas pour demain
Je décide d’attendre demain mais je n’ai pratiquement plus d’espoir car les prévisions sont unanimes pour un vent qui va souffler en altitude entre 70 et 100 km/h du 21 au 26/07 avec des chutes de neige pratiquement tous les jours. Même si le temps se mettait au beau le 27, et ce n’est pas prévu, il faudrait attendre 1 ou 2 jours pour que les avalanches tombent et l’engagement de Qudrat & Karim s’arrête le 30/07 !!!!

Et bien me voilà une nouvelle fois devant une dure réalité de la montagne.

Ci-dessous : Hugues et Gilles Bouchet au Nanga-Parbat en 2005.

Avec le Gasherbrum 2 en 1999, l’Everest en 2004 et le Nanga Parbat en 2005, j’ai réussi 3 beaux 8000, mais avec le K2, je vais cumuler 3 abandons à la suite.

Ce sommet ne me veut pas et pourtant je le sentais car pour moi, ce n’est pas son ascension qui est la plus difficile, mais ses conditions climatiques.
J’ai fait le mauvais choix de la voie en 2007 et le mauvais choix de la période en 2008 et pourtant, depuis la 1ère ascension en 1954, 75% des réussites ont eu lieu entre juin et juillet !
La mousson perturbe beaucoup les conditions en août.
Encore 24 h pour croire au miracle et imaginer qu’il me reste une chance de monter là-haut pour contempler un paysage magique à 360° !....



Dois - je ajouter que mes doigts sont croisés, voire recroquevillés pour la météo de demain ??????? Hugues.

samedi 19 juillet 2008

CB

Hier, ciel bas et gris avec neige mouillée, un temps sinistre accentuant la tristesse de mon cœur venant d’apprendre la disparition d’une amie qui était plus qu’une sœur pour moi. S’il y a un « ailleurs », garde moi, petite Catherine, une place où je puisse te retrouver avec la vitalité que je t’ai connue avant cet accident qui t’a clouée dans un fauteuil roulant depuis plus de 40 ans. Toujours disponible pour écouter mes confidences sur mes joies et peines, me posant 1000 questions sur mes activités pour absolument éviter de parler de tes propres problèmes et souffrances et surtout pas te plaindre, quel exemple mais quel vide tu laisses ; Très dur de revivre seul sous ma tente et si loin de ta chère famille les souvenirs d’une si longue, sincère et fidèle amitié.

Autre mauvaise nouvelle, la mort de l’Italien Karl Unterkircher , 36ans , au Nanga Parbat, the killer’s mountain, sommet de 8125m que j’ai eu la chance de réussir en juillet 2005 avec mes amis Georges Dombre et Bernard Constantin ; Cher Bernard avec lequel je partageais la tente et qui a disparu avec 6 autres Français et 5 sherpas sous une avalanche 3 mois plus tard sur les pentes du Kang Guru au Népal.

http://66.102.9.104/translate_c?hl=fr&sl=en&u=http://www.youtube.com/watch%3Fv%3DM58b3YgaFWU%26feature%3Drelated&prev=/search%3Fq%3DKarl%2BUnterkircher%26hl%3Dfr%26sa%3DG&usg=ALkJrhiRK4tgJ3ynW_SunED0LfiBLyK5NA



http://translate.google.fr/translate?hl=fr&sl=en&u=http://www.youtube.com/watch%3Fv%3DwW5z-g_qbYg&sa=X&oi=translate&resnum=3&ct=result

BC le 19/07/08
Un peu de soleil ce matin, alors vite douche et lessive avant les 2 prochains jours où il devrait beaucoup neiger. Réunion avec les Serbes, les Hollandais et Coréens pour confronter les prévisions météo ; c’est pas bon, voire très mauvais ! Pour certain, pas de fenêtre avant début août … Cela devient très, très préoccupant car mon avion est programmé pour le 8/08 et qu’il faut environ 8 jours pour rejoindre Islamabad!....
Pas merveilleux pour le moral cette longue attente….

Les Hollandais arrivés au BC depuis le 28 mai sont les plus nerveux et réfléchissent pour retarder leur départ.

vendredi 18 juillet 2008

CB


Après mon 3ème passage au C3 à 7000m, je suis vraiment bien acclimaté. En redescendant, j’ai hésité de repasser la nuit au C2 car j’avais un genou et l’épaule droite en compote mais on dort trop mal en altitude et j’ai donc attaqué les 1300m pour rejoindre le BC où je suis arrivé vers 19h30, bien content de trouver de quoi boire et un matelas bien à plat.
En revanche, les différentes prévisions météo (Serbe, Hollandaises, Suisse, Américaine …) ne s’arrangent pas et toujours pas de fenêtre en vue !...
Espérons que la météo se trompe comme elle l’a fait hier où elle nous annonçait du vent en altitude alors que pas le moindre souffle d’air à 7000 ni vers 8000m où un Espagnol est monté du côté des Abruzzes et où le vent devait souffler à 40 km/h. C’était un summit day et il y a eu plusieurs réussites au Broad Peak.
Aujourd’hui, le temps est couvert et pour se changer les idées, nous allons aller avec Nick faire un tour au camp de base du Broad Peak. J’espère pouvoir donner de bonnes news des summiters du BP.
Ah, j’oubliais, la mère d’Antoine a eu la gentillesse de m’informer que son fils se remettait bien physiquement et moralement de son opération à Islamabad.